Oujda : « Lettres du Maghreb » ouvre sa sixième édition
Le Salon maghrébin du livre d’Oujda a ouvert sa sixième édition ce mardi 27 octobre. Jusqu’au 1er novembre, « Lettres du Maghreb » réunit chercheurs, auteurs, éditeurs et lecteurs autour du thème « Réinventer un monde en commun ».
Mardi 27 octobre, la visite des stands par la délégation conduite par le wali de la région de l’Oriental et gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, Mhamed Atfaoui, a marqué l’ouverture du salon. Élus, personnalités locales et figures de la littérature marocaine et internationale ont parcouru ses espaces. La soirée s’est prolongée au théâtre Mohammed VI, où la cérémonie inaugurale a mêlé littérature et performances artistiques devant une salle comble.
Organisé par l’Agence de développement de l’Oriental (ADO), en partenariat notamment avec le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication et plusieurs institutions régionales, le salon se tient au sud-ouest de la ville, sur l’esplanade du Stade d’honneur, à quelques encablures dudit stade et face à la piscine couverte Moulay Hassan. Il gagne cette année en ampleur, sa superficie atteignant environ 5 000 m², selon le communiqué des organisateurs. « La superficie et le nombre de participants ont augmenté », souligne El Kebir Hannou, directeur du pôle développement à l’Agence de l’Oriental. Plus d’une centaine de penseurs, écrivains et philosophes venus de plusieurs pays sont attendus, tandis que des éditeurs de différentes villes du Royaume présentent leurs nouveautés.
Trois halls donnent sa structure à cette édition. Le hall A réunit les stands de maisons d’édition, écoles et institutions publiques, ainsi que le café littéraire et la caravane culturelle, deux espaces de rencontres autour des livres. Le hall B accueille les échanges dans quatre salles de conférences. Le hall C, réservé aux enfants, propose des activités de lecture, de dessin et d’éveil, avec une place faite au dialogue sur les idées et la citoyenneté. Les jeunes disposent également d’une programmation adaptée.
Des débats ancrés dans le présent
« Réinventer un monde en commun » : le thème ne se limite pas à une formule. Pour Jalil Bennani, commissaire du salon pour la section française, réinventer consiste à transmettre ce qui existe tout en ouvrant des perspectives sur l’avenir. Guerres, crises écologiques, inégalités, mobilités humaines et mutations numériques traversent ainsi la programmation. « C’est un salon de débat », insiste-t-il, attaché à des tables rondes où les intervenants prennent le temps d’échanger.
Le guide en annonce d’ailleurs 24. Parmi les sujets proposés figurent le destin commun du Maghreb, les liens entre société numérique et démocratie, la traduction, la pensée africaine, les nouvelles mobilités humaines ou encore l’islam dans un monde en mutation. Le premier roman et l’avenir de la poésie donnent aussi matière à discussion. Les tables rondes de deux heures, défendues par Jalil Bennani, laissent une place aux échanges entre invités et avec le public. Le commissaire souligne de surcroît la dimension à la fois régionale, nationale et internationale d’un rendez-vous dont les participants viennent de plusieurs pays.
Au-delà des panels, le café littéraire et la caravane culturelle offrent d’autres occasions de découvrir les ouvrages, de rencontrer leurs auteurs et d’assister à des présentations. La programmation mêle également soirées poétiques, rendez-vous artistiques et exposition d’arts plastiques consacrée aux créateurs de l’Oriental.
Un salon au-delà de l’esplanade
Le salon entend aussi rejoindre les habitants hors de son enceinte. Des rencontres sont annoncées à l’Université Mohammed Premier, au lycée Omar Ibn Abdelaziz et à la prison locale d’Oujda. Selon El Kebir Hannou, des activités gagneront également les quartiers de la ville pour sensibiliser les jeunes à la lecture. L’espace consacré à l’enfance bénéficie quant à lui de la participation de la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire et d’une experte belge, dans le cadre de la coopération avec Wallonie-Bruxelles.
Au théâtre Mohammed VI, la soirée d’ouverture a donné une autre forme à ce dialogue entre les cultures. Performances scéniques inspirées des littératures arabe et occidentale, chant a cappella et prestations des artistes oujdis The Leila et Snitra ont clos la cérémonie sur une note vive et enjouée. Après la visite des livres et des stands, cette scène a donné le ton d’une édition qui cherche à faire circuler les idées dans tout Oujda.








