
L’impact global de la mise en œuvre des priorités sociales, inscrites dans le programme gouvernemental, est estimé à environ 62 milliards de dirhams (MMDH), a souligné, vendredi, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa.
Lors de la présentation du projet de loi de finances (PLF) au titre de l’année budgétaire 2027, en séance plénière commune à la Chambre des représentants, Lekjaa a indiqué que « le gouvernement a tenu ses engagements dès le premier PLF présenté au cours de son mandat », tout en passant en revue les mesures prises pour concrétiser ces priorités, notamment le retour des prix des produits de base à des niveaux raisonnables, le renforcement du pouvoir d’achat des ménages et l’accélération de la mise en œuvre du chantier Royal de généralisation de la protection sociale.
Ces mesures comprennent également l’intensification des efforts de mise à niveau des systèmes de santé et d’éducation, le renforcement de l’accès à un logement décent, la mise en œuvre effective de la nouvelle génération des programmes de développement territorial intégré, ainsi que le lancement d’un programme national intégré pour les jeunes 2027-2031.
S’agissant de l’accélération de l’achèvement du chantier de généralisation de la protection sociale, Lekjaa a annoncé le relèvement progressif du montant minimum de l’aide sociale directe de 500 à 1.000 dirhams d’ici la fin du mandat, avec une augmentation de 100 dirhams en 2027, moyennant des crédits estimés à 3 MMDH, grâce à un ciblage reposant principalement sur le revenu effectif des ménages, au lieu de l’indice socio-économique, comme critère d’éligibilité à l’aide sociale directe.
Il a ajouté qu’il sera procédé à la mise en œuvre de l’indemnité pour perte d’emploi et à la généralisation de la retraite aux travailleurs non-salariés, ainsi qu’à l’accélération de la mise en œuvre des mesures visant à préserver les équilibres financiers des différents régimes de l’Assurance maladie obligatoire de base, à travers la maîtrise de l’évolution des dépenses médicales et le renforcement des ressources de ces régimes.
Concernant l’intensification des efforts de mise à niveau des systèmes de santé et d’éducation et le renforcement de l’accès à un logement décent, le ministre a soulevé que le PLF 2027 traduit la consécration de l’égalité des chances et l’allègement des charges supportées par les ménages, à travers le renforcement des crédits et des postes budgétaires, et l’accélération des programmes qui allient élargissement de l’offre, amélioration de sa qualité et réduction des disparités territoriales.
Pour le secteur de la santé, il a précisé que l’Exécutif vise à garantir un accès effectif à des soins de qualité et à renforcer l’attractivité de l’hôpital public, relevant que le budget du secteur a été porté à 45,4 MMDH, soit une hausse d’environ 3 MMDH par rapport à 2026, avec l’affectation de 8.000 postes budgétaires.
Il a souligné que ces ressources sont principalement destinées à accompagner la généralisation des groupements sanitaires territoriaux, le lancement du nouveau Centre hospitalier universitaire de Casablanca, l’accélération de la réalisation et de l’équipement des centres de Béni Mellal, Guelmim et Errachidia, ainsi que la mise à niveau de 1.600 établissements de soins de santé primaires et de 90 hôpitaux.
En matière d’éducation et de formation, le responsable gouvernemental a fait savoir que l’objectif est de généraliser l’enseignement préscolaire, d’augmenter la proportion d’élèves maîtrisant les apprentissages de base, de lutter contre le décrochage scolaire, tout en développant des parcours alternatifs pour les élèves ayant abandonné leurs études et en améliorant l’employabilité des diplômés.
Ces objectifs sont accompagnés, a noté le ministre, du relèvement du budget des départements de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la formation à 121,3 MMDH, en hausse de 5,3 MMDH, et de l’affectation de 17.874 postes budgétaires, précisant que ces priorités incluent notamment l’extension de l’offre scolaire, la mise en œuvre de la nouvelle architecture de l’enseignement supérieur et le développement de son offre par la création de 49 établissements universitaires, le soutien à la recherche et à l’innovation, et l’ouverture de trois cités des métiers et des compétences dans les régions de Guelmim-Oued Noun, de Fès-Meknès et de Drâa-Tafilalet.
Dans le secteur de l’habitat, l’Exécutif entend diversifier les solutions en fonction des besoins des ménages et de leurs capacités financières. Le ministre a indiqué à cet égard que des crédits d’investissement de 10,4 MMDH ont été alloués à ce secteur au titre de 2027, afin de poursuivre l’aide directe au logement, dont le nombre de bénéficiaires avoisinait 128.000 à fin septembre 2026, d’accélérer les programmes de lutte contre l’habitat insalubre, et de lancer le programme intégré de l’habitat rural, avec la simplification des procédures d’urbanisme et de construction en milieu rural.
Sur le plan de la mise en œuvre effective de la nouvelle génération des programmes de développement territorial intégré, le ministre a évoqué la mise en place des nouvelles structures régionales chargées de l’exécution, ainsi que le renforcement des mécanismes de suivi, de transparence et de reddition des comptes.
En outre, il a dévoilé la création et l’opérationnalisation d’une plateforme numérique dédiée à ces programmes, accessible aux citoyens et aux acteurs institutionnels, permettant de consulter la programmation, l’avancement des travaux et le niveau de réalisation des projets, avec des crédits estimés à 25 MMDH au titre de 2027.
Et de poursuivre que l’exécution du Programme national de développement intégré des centres ruraux émergents sera accéléré, par la poursuite de la deuxième phase de ce programme, qui concerne 24 centres, pour un coût global de 1,68 MMDH.
Concernant le lancement d’un programme national intégré pour les jeunes 2027-2031, Lekjaa a expliqué qu’il vise à accompagner les jeunes sur le plan social, à mieux adapter les compétences aux besoins du tissu productif, à renforcer l’efficacité des politiques actives de l’emploi et à mettre en place une gouvernance solide des mécanismes destinés aux jeunes.
En effet, il a relevé que ce programme, auquel le PLF 2027 consacre environ 6 MMDH, comprend la formation de 100.000 jeunes par an sur la base des besoins réels exprimés par les entreprises, l’offre d’une première expérience professionnelle à environ 100.000 jeunes par an, et le relèvement progressif de la capacité d’accueil de la formation à un niveau de 150.000 à 200.000 bénéficiaires par an.
Ledit programme prévoit aussi l’accompagnement de 12.000 entreprises par an pour leur développement et leur pérennité, via l’incubation et la facilitation de l’accès au financement, à la garantie et aux marchés, y compris les marchés publics, ainsi que l’opérationnalisation du passeport de mobilité professionnelle pour soutenir les jeunes qui trouvent des opportunités d’emploi en dehors de leur région de résidence, outre le lancement d’un programme de logements locatifs à prix abordables à leur intention.
Dans le même contexte, le ministre a relevé que « le gouvernement considère la protection de la classe moyenne comme partie intégrante d’un projet économique et social global, qui relie la réforme fiscale, la qualité des services sociaux et une croissance économique créatrice d’emplois et soutenant l’initiative et l’entrepreneuriat ».
Il a aussi noté que « la mise en œuvre efficace des priorités sociales et économiques exige de repenser l’organisation des structures institutionnelles de l’État et ses modes d’intervention, afin que soient réunis, au niveau territorial, le pouvoir de décision, les moyens d’exécution et la responsabilité des résultats », affirmant que « la mise en œuvre effective de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative constitue une condition de réussite et une traduction concrète des Hautes Orientations Royales visant à mettre fin aux disparités dans le rythme de développement entre les régions du Royaume ».
À cette fin, le ministre a assuré que le PLF 2027 accorde une attention particulière à l’accélération de la mise en œuvre de la loi organique relative aux régions, en clarifiant leurs compétences, en renforçant les mécanismes de coordination et de contractualisation entre elles et l’État, et en portant les transferts financiers à leur profit à au moins 12 MMDH à partir de 2027.
Parallèlement, Lekjaa a annoncé la mise en œuvre intégrale de la Charte nationale de la déconcentration administrative, par le transfert effectif des compétences et des ressources humaines nécessaires aux services déconcentrés, de manière à rapprocher la décision du citoyen et à permettre de traiter les besoins là où ils surgissent.
S.L.







