Participation politique, emploi, égalité… La FLDF interpelle les pouvoirs publics

À l’occasion de la Journée nationale de la femme marocaine, célébrée le 10 octobre de chaque année, la Fédération des Ligues des droits des femmes (FLDF) a appelé à faire de l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que du respect des droits des femmes, une priorité des politiques publiques. Elle a également plaidé pour des engagements politiques et institutionnels clairs afin de garantir une égalité effective et la parité.
Dans un communiqué, la Fédération a souligné que, malgré les acquis réalisés grâce aux luttes du mouvement féministe et des organisations de défense des droits humains, le Maroc continue d’enregistrer des écarts structurels entre les engagements constitutionnels et la réalité. Une situation qui nécessite, selon elle, une évaluation des politiques et programmes précédents, ainsi que la mise en place d’engagements futurs assortis de responsabilités clairement définies, de résultats mesurables et de mécanismes de reddition des comptes.
La Fédération a également relevé la persistance de plusieurs inégalités économiques et sociales, notamment la faible participation des femmes au marché du travail, les écarts salariaux, la précarité de l’emploi et le travail informel, ainsi que le poids des tâches domestiques et des activités de soins non rémunérées.
Elle a par ailleurs attiré l’attention sur les disparités en matière d’accès à l’éducation, à la santé, aux transports et à la protection sociale, particulièrement dans les zones rurales et défavorisées. Dans ce contexte, elle a appelé à l’adoption de politiques tenant compte des répercussions de la sécheresse, des transformations économiques et numériques, ainsi que de la hausse du coût de la vie sur les femmes.
La Fédération a insisté sur la nécessité d’accélérer la révision du Code de la famille, afin de garantir l’égalité des droits et des responsabilités et de renforcer la protection des enfants. Elle a également plaidé pour une réforme du Code pénal visant à protéger les droits et les libertés et à éliminer les différentes formes de discrimination.
L’organisation a aussi appelé au renforcement des mécanismes de prévention, de protection, d’enquête et de réparation dans les affaires de violences faites aux femmes, y compris les violences numériques. Elle a également demandé une évaluation de l’application de la loi 103.13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes.
Concernant la participation politique, la Fédération a estimé que l’accession d’une femme à la tête du gouvernement constitue une évolution significative, mais qu’elle ne dispense pas d’évaluer la participation effective des femmes aux postes de décision. Elle a souligné que l’amélioration de la représentation féminine au Parlement ne doit pas occulter les obstacles qui continuent d’entraver les candidatures des femmes et leur accès aux responsabilités, ainsi que les risques de violences politiques et de campagnes de dénigrement sur les plateformes numériques. Elle a ainsi appelé à garantir la protection des femmes concernées, à mener les enquêtes nécessaires et à assurer leur accès à la justice, dans le respect des garanties légales.
La Fédération a également réclamé des engagements politiques et institutionnels assortis d’objectifs précis, de délais et de moyens adaptés, ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi, d’évaluation et de reddition des comptes, avec une publication régulière des résultats obtenus.
Elle a insisté sur la nécessité de renforcer le cadre juridique et institutionnel relatif à la parité et à la lutte contre les discriminations et les violences, tout en garantissant l’indépendance et l’efficacité des institutions compétentes. Elle a également appelé à assurer un financement durable des services de prise en charge des femmes victimes de violences.
Par ailleurs, la Fédération a plaidé pour l’adoption d’une politique intégrée visant à accroître le taux d’activité des femmes, à favoriser l’accès à des emplois décents, à réduire les écarts salariaux et à élargir la protection sociale, les services de prise en charge et les transports. Elle a également appelé à améliorer l’accès aux ressources et aux services essentiels, en accordant une attention particulière aux femmes et aux jeunes filles des zones rurales et défavorisées.
Enfin, la Fédération a souligné l’importance d’évaluer les précédents plans gouvernementaux en matière d’égalité et d’élaborer des politiques sectorielles ainsi que des budgets sensibles au genre, prenant en considération les transformations numériques, climatiques, alimentaires et énergétiques.
Elle a conclu en insistant sur la nécessité de garantir la participation indépendante du mouvement féministe à l’élaboration des politiques publiques, au suivi de leur mise en œuvre et à l’évaluation de leurs résultats.
H.M








