Maroc

Verdict : Saïd Naciri écope de 10 ans de prison dans l’affaire « Escobar du Sahara »

Après deux ans de procès, la justice marocaine a condamné jeudi, Said Naciri, et Abdennabi Bioui, respectivement à 10 et 12 ans de prison dans l’affaire « Escobar du Sahara ».

Naciri et Bioui étaient poursuivis notamment pour « détention, commercialisation et exportation de drogue » ainsi que pour des faits de « corruption », « faux » et « usage de faux ».

Pour rappel, cette affaire, a été déclenchée par les révélations d’Ahmed Ben Brahim, dit « Escobar du Sahara », un ressortissant malien incarcéré au Maroc depuis 2019 dans le cadre d’un dossier de trafic international de stupéfiants.

A la Cour d’appel de Casablanca, le prononcé des peines à l’encontre du reste des prévenus – une vingtaine – a été quasiment inaudible, tant les sanglots et cris de leurs proches, présents en grand nombre, emplissaient la salle d’audience.

L’un des accusés a été innocenté. « J’étais convaincu de son innocence et dieu merci, il l’a eue. Il est sous le choc car cela fait plus de deux ans qu’il assiste chaque semaine au procès dans des conditions douloureuses », a indiqué Abderrahim Saidi, l’avocat de cet homme acquitté de la « falsification d’un registre public ».

Lors d’une audience l’an dernier, Bioui avait assuré n’avoir « aucun lien avec le trafic de drogue » et accusé Ahmed Ben Brahim de proférer des « mensonges ». Naciri avait lui aussi nié toutes les accusations à son encontre.

Le baron de drogue malien Ahmed Ben Brahim, surnommé le « Pablo Escobar du Sahara », qui purge depuis 2019 une peine de 10 ans au Maroc, est à l’origine de la plainte ayant enclenché la procédure judiciaire.

Il accuse notamment Naciri et Bioui de l’avoir aidé à faire passer à partir de 2013 de la drogue du Maroc vers des pays d’Afrique du Nord et du Sahel et de lui avoir spolié une luxueuse villa à Casablanca.

Le narcotrafiquant, qui n’a pas été entendu durant le procès, attribue dans ses dépositions le rôle de facilitateur du transport des stupéfiants à l’ex-patron du Wydad Casablanca et affirme que l’ex-président du Conseil régional de l’Oriental serait impliqué dans le trafic au sein de son vaste réseau et pour son propre compte.

Durant les débats, les deux personnalités politiques déchues ont été aussi interrogées sur l’origine de leur fortune de plusieurs millions d’euros cumulés ces dernières années. Les deux ont affirmé que leurs avoirs provenaient d’activités légales.

La défense des deux accusés a insisté, durant les plaidoiries, sur l’absence de preuves matérielles les incriminant, jugeant que l’accusation se basait principalement sur les déclarations du trafiquant malien, a rapporté la presse locale.

De son côté, le parquet a estimé que les éléments du dossier confirmaient la culpabilité des accusés, selon la même source.

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