Carburants: le spectre d’une pénurie de gasoil plane sur le Maroc

Le risque d’une nouvelle tension sur l’approvisionnement en gasoil commence à susciter des inquiétudes au Maroc, sur fond d’escalade des opérations militaires visant des infrastructures stratégiques de production et d’exportation d’hydrocarbures au Moyen-Orient et en Europe de l’Est.
La perturbation des chaînes d’approvisionnement, conjuguée à la hausse des coûts du transport maritime et du fret, fait craindre un scénario plus difficile au cours des prochains mois. D’autant que plusieurs grandes puissances cherchent à renforcer leurs réserves afin de se prémunir contre une éventuelle aggravation des tensions internationales.
Interrogé par « Site Info », le secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz, El Hossein Yamani, estime que le marché du gasoil connaît actuellement un déséquilibre important entre l’offre et la demande. Selon lui, cette situation résulte de plusieurs facteurs, notamment les conflits au Moyen-Orient ainsi que la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Des stocks mondiaux sous pression
Pour Yamani, les indicateurs actuels témoignent d’une baisse des stocks de carburants, particulièrement du gasoil, à l’échelle mondiale. Cette situation aurait poussé plusieurs pays à puiser dans leurs réserves stratégiques afin de sécuriser leur approvisionnement.
Le responsable syndical considère que cette évolution traduit une tension réelle sur le marché des hydrocarbures, qui se reflète notamment dans la progression des prix internationaux des carburants.
Il souligne également que plusieurs grands producteurs ou consommateurs, dont les États-Unis, la Chine et la Russie, ont pris des mesures visant à limiter leurs exportations de produits énergétiques afin de privilégier leurs besoins internes.
Le Maroc reste dépendant des marchés internationaux
Au Maroc, les tensions sur l’approvisionnement ne sont pas nouvelles. Yamani rappelle qu’un épisode de perturbation avait déjà été enregistré en février dernier, lorsque des conditions météorologiques défavorables avaient empêché certains navires d’accoster dans les ports marocains, dans un contexte marqué à l’époque par les tensions entre les États-Unis et l’Iran.
Le secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz affirme par ailleurs que les responsables du secteur ont récemment évoqué un stock national permettant de couvrir environ 60 jours de consommation.
Une réserve qui, selon lui, pourrait toutefois s’avérer insuffisante si les perturbations du marché international devaient se prolonger ou s’aggraver.
Une nouvelle flambée des prix à craindre ?
La situation pourrait devenir davantage préoccupante en cas de multiplication des attaques contre les infrastructures de production et de raffinage du pétrole brut, estime Yamani. Une réduction des capacités de production et de raffinage pourrait en effet accentuer les tensions sur les marchés internationaux et exercer une pression supplémentaire sur les prix.
Le responsable syndical insiste ainsi sur la vulnérabilité du Maroc, qui reste fortement dépendant des importations de produits pétroliers raffinés. Il estime que cette dépendance expose directement le marché national aux fluctuations des cours internationaux, mais aussi aux perturbations du transport maritime et des chaînes d’approvisionnement.
Dans ce contexte, l’évolution de la situation géopolitique internationale sera déterminante pour les prochains mois. Une prolongation des tensions dans les principales régions productrices et exportatrices d’hydrocarbures pourrait continuer à peser sur les prix et sur la sécurité des approvisionnements en carburants.








