Drame ferroviaire en Espagne : le centre de contrôle mis en cause

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a mis en cause, mercredi, une erreur du centre de contrôle ferroviaire après une panne du système de sécurité, qui serait à l’origine de la collision entre deux trains à grande vitesse ayant fait au moins 64 morts près d’Urda, dans la province de Tolède.
« C’est le centre de contrôle qui, par l’intermédiaire de ses opérateurs, a autorisé la reprise de la circulation dans des circonstances qui, de notre point de vue, sont inexplicables », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse au centre de contrôle du gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif), à Madrid.
Selon M. Puente, le système de sécurité LZB, utilisé sur la ligne à grande vitesse Madrid-Séville, est tombé en panne à 08h30, provoquant l’arrêt d’au moins six trains.
Malgré la présence d’un train Iryo immobilisé sur la voie et d’un signal rouge à l’entrée de la gare d’Urda, le centre de contrôle d’Adif a autorisé, à 08h36, un train AVE de la compagnie Renfe à repartir, sans limitation de vitesse, a-t-il précisé.
Le convoi a parcouru environ 25 kilomètres avant de percuter, à 08h53, le train Iryo à l’arrêt.
Qualifiant cette autorisation de « manifestement erronée », le ministre a souligné que les responsabilités individuelles devront être établies dans le cadre de l’enquête.
De son côté, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a exprimé la consternation du pays face à cette tragédie. « Toute l’Espagne est en deuil », a-t-il déclaré.
« Il n’est pas acceptable pour un pays comme l’Espagne de subir deux accidents ferroviaires à grande vitesse la même année », a-t-il déploré, faisant référence au drame d’Adamuz, en Andalousie, qui avait coûté la vie à 46 personnes en janvier dernier.
S.L.






