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France: les lycéens appellent à poursuivre la mobilisation

Avec au moins 250.000 manifestants partout en France, les lycéens ont continué à réclamer des moyens pour l’éducation mardi et entendent poursuivre leur mobilisation, malgré l’appel du gouvernement à retourner dans leurs établissements pour dialoguer.

Les lycéens, dont le mouvement est né mi-septembre en banlieue parisienne, dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et des absences de professeurs non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

« Il y a des gens de banlieues, des gens de Paris, des gens du privé, des gens du public, de toute religion, de toute origine qui viennent. (…) Ça nous réunit parce qu’on sent qu’il y a besoin de changement », a confié à l’AFP Diane, élève de 1ère à Paris.

Les étudiants sont aussi venus grossir les rangs de la contestation mardi. « La Gen Z se lève et veut être entendue », a dit à l’AFP Lilia, 19 ans. Elle espère que la jeunesse sera écoutée par le président Emmanuel Macron, « au lieu de financer des guerres, il devrait financer son propre pays ».

Quelque 256.000 manifestants, lycéens, mais aussi professeurs, parents et syndicalistes, ont été recensés mardi en France, dont 56.000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. Les organisateurs ont eux annoncé 450.000 participants dans toute la France, dont 100.000 à Paris.

Macron va réunir plusieurs ministres mardi soir à l’Elysée, après deux semaines d’un mouvement émaillé d’incidents et de heurts avec les forces de l’ordre qui ont fait plusieurs blessés parmi les lycéens.

« déblocage du budget »

Plusieurs personnalités politiques de gauche et candidats à l’élection présidentielle s’étaient mêlés aux cortèges, notamment le leader de la France insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon, la cheffe des écologistes Marine Tondelier et celui du Parti socialiste Olivier Faure.

Les défilés se sont globalement déroulés sans incident majeur, à l’exception de quelques tensions en fin de manifestation à Paris, ainsi que dans quelques grandes villes (Lyon, Nantes, Rennes et Toulouse) où les forces de l’ordre ont répondu par du gaz lacrymogène à des jets de projectiles, des tirs de mortiers d’artifice et des feux de poubelles.

Le président américain Donald Trump a commenté la mobilisation en jugeant sur son réseau social que « l’islam » et une « immigration de masse hors de contrôle » étaient à l’origine du mouvement.

A l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a invité les lycéens à regagner leurs établissements dès mercredi pour « avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée », et annoncé la suspension des cours en fin de la semaine.

Il a aussi accusé la gauche radicale d’avoir le « projet politique » de « bordéliser le pays » avant l’élection présidentielle d’avril-mai et de « semer le chaos ».

De leur côté, les organisations lycéennes et étudiantes ont appelé à poursuivre le mouvement, qui s’étire dans un climat politique et social particulièrement tendu, sur fond de hausse des prix et de recherches de coupes budgétaires dont certaines concernent les jeunes, comme les aides au logement.

« Il faut un déblocage du budget » pour mettre fin au mouvement, a jugé Suzanne Nijdam, de la Fage, première organisation étudiante. « Jeudi encore, (ce sera une) grande date de mobilisation, on ne va rien arrêter », a ajouté Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante.

– Un policier inculpé –

Au total, un quart des lycées (891 sur 3.700) ont vu leurs cours « suspendus, soit totalement, soit partiellement » mardi, selon le ministère de l’Éducation.

Dans les cortèges, de nombreux slogans et pancartes dénonçaient aussi le comportement des forces de l’ordre, accusées de « violences policières ».

Depuis le début du mouvement le 17 septembre, 215 élèves et 85 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés, a indiqué le Premier ministre, « suite à des agressions ou de manière plus résiduelle, des accidents ».

À Tours (centre) la semaine dernière, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocage, et lundi un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade de la police à Lens (nord).

Un policier, auteur d’un tir tendu de grenade lacrymogène au visage d’un lycéen de 14 ans qui a eu la mâchoire cassée en région parisienne, a été mis en examen (inculpé) mardi pour violences.

Onze enquêtes de la police des polices ont été ouvertes jusqu’ici. Plus de 715 blessés ont par ailleurs été recensés dans les rangs des forces de l’ordre.

Mardi, 488 personnes ont été interpellées en France – contre 1.700 vendredi -, selon le gouvernement.

S.L.

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