Journée mondiale des enseignants : la CDT réclame de meilleures conditions de travail

Le Syndicat national de l’enseignement, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a renouvelé ses revendications en faveur de la mise en œuvre des engagements pris, du règlement des dossiers en suspens et des arriérés, ainsi que de l’amélioration des revenus et de la carrière professionnelle des enseignants.
Il réclame également une meilleure équité entre les différentes catégories, une révision de la charge et du temps de travail, la mise en place d’une protection professionnelle et sociale et le renforcement des libertés syndicales.
Dans un message publié à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre de chaque année, le syndicat souligne que le règlement des revendications professionnelles n’est pas incompatible avec la défense de la qualité de l’enseignement, mais constitue au contraire l’une de ses conditions fondamentales. Il appelle ainsi à l’instauration d’un dialogue social productif, débouchant sur des résultats concrets.
Le syndicat souligne que la Journée mondiale des enseignants revêt une portée particulière en 2026, puisqu’elle coïncide avec le 60e anniversaire de l’adoption de la recommandation de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’UNESCO de 1966 concernant la condition des enseignants. Ce texte consacre le principe selon lequel la reconnaissance du rôle de l’enseignant ne saurait se limiter à une considération symbolique ou à une célébration ponctuelle.
Elle doit se traduire par une véritable reconnaissance professionnelle, sociale et matérielle, des conditions de travail décentes, une rémunération équitable, une stabilité professionnelle, une formation continue, une autonomie professionnelle, ainsi que par l’implication des enseignants et de leurs organisations syndicales dans l’élaboration des politiques éducatives et la prise de décisions concernant l’avenir de l’école.
Le syndicat affirme que l’enseignant se trouve au cœur du processus éducatif, tout en rappelant que l’éducation demeure une œuvre collective, à laquelle contribuent les personnels enseignants, l’administration pédagogique, l’inspection, l’encadrement, l’orientation, la planification, l’accompagnement pédagogique, social et psychologique, ainsi que les spécialistes, les assistants et les cadres administratifs et techniques. Il en va de même pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs qui contribuent à créer les conditions nécessaires à l’apprentissage et à assurer la continuité du fonctionnement des établissements scolaires.
Il insiste ainsi sur le fait que la défense de la place de l’enseignant est indissociable de celle de la dignité de l’ensemble des femmes et des hommes de l’éducation, ainsi que des conditions de fonctionnement de l’école publique dans son ensemble. Selon le syndicat, la reconnaissance véritable des efforts consentis ne peut rester au stade des discours, mais doit se traduire concrètement par une amélioration des conditions de travail et de la stabilité professionnelle et sociale.
Dans ce contexte, le syndicat estime que la reconnaissance professionnelle doit se mesurer à l’aune des conditions offertes aux personnels de l’éducation pour préserver leur dignité et garantir leur stabilité, alléger les charges professionnelles croissantes et leur permettre de disposer du temps nécessaire à la préparation, à l’évaluation, à la formation et à l’accompagnement des élèves.
Il appelle également à remédier aux déficits en personnel et à la surcharge des classes, à améliorer l’environnement de travail, à protéger les personnels contre toutes les formes de violence, à régulariser les situations administratives et financières, à honorer les engagements pris et à garantir des parcours professionnels équitables et motivants.
Le syndicat souligne par ailleurs que le débat sur le temps de travail et la charge des missions ne doit pas être présenté comme une revendication distincte de la qualité de l’enseignement. Le temps de travail professionnel de l’enseignant ne se limite pas aux heures passées en classe, mais englobe également la préparation des cours, l’évaluation, la formation, la coordination, la communication et les différentes tâches liées à l’acte pédagogique.
Dans cette même perspective, il considère que la révision de l’organisation du travail et l’allègement de ses charges, en tenant compte de la nature du métier et en préservant l’équilibre professionnel et social des personnels, constituent des éléments essentiels pour améliorer la qualité des apprentissages et redonner toute sa valeur au métier d’enseignant.
Le syndicat estime également qu’aucune réforme sérieuse du système éducatif ne peut réussir si les femmes et les hommes de l’éducation sont considérés comme de simples exécutants de mesures décidées en dehors de l’école. Il insiste ainsi sur l’importance de prendre en compte l’expérience de terrain et les connaissances pratiques accumulées par les enseignants et les autres cadres pédagogiques et administratifs dans l’évaluation des politiques publiques et la conception des réformes.
Il appelle à une réforme participative fondée sur un véritable dialogue social et respectueuse de la négociation collective, associant les organisations syndicales aux questions professionnelles et pédagogiques, tout en établissant un lien entre l’amélioration des conditions des personnels et l’élévation effective de la qualité de l’enseignement.
Le syndicat réaffirme également sa défense de l’école publique, considérée comme un droit social et un service essentiel à la construction d’une société plus juste et plus égalitaire. Il souligne que la qualité de l’enseignement ne peut reposer sur les sacrifices permanents consentis par les personnels, pas plus qu’elle ne peut être atteinte à travers des réformes dépourvues des conditions humaines, matérielles et organisationnelles nécessaires à leur réussite.
Dans ce cadre, il affirme que la consolidation de l’école publique nécessite des ressources humaines suffisantes, des infrastructures et des équipements adaptés, une formation de qualité, une gestion pédagogique efficace, un véritable accompagnement social et éducatif, ainsi qu’un financement public faisant de l’éducation une priorité nationale effective.
Le syndicat réaffirme enfin sa détermination à poursuivre, de manière responsable et indépendante, la défense des droits, de la dignité, des acquis et des libertés syndicales des femmes et des hommes de l’éducation, ainsi que son engagement en faveur d’un enseignement public fort, équitable, gratuit et de qualité, et d’une école qui respecte ses personnels tout autant que le droit des élèves à une éducation leur ouvrant les portes du savoir, de la liberté, de la citoyenneté et de l’avenir.







