Devant le Parlement, El Mansouri présente les grandes orientations du nouveau gouvernement

La cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a affirmé, lundi, que le programme gouvernemental constitue un « contrat politique et institutionnel » fondé sur la confiance royale et la volonté exprimée par les citoyens lors des élections législatives du 23 septembre 2026. Elle a souligné que la responsabilité de l’Exécutif se mesurera aux résultats concrets et à leur impact sur la vie quotidienne des Marocains.
Présentant le programme gouvernemental devant les deux Chambres du Parlement réunies en séance commune, El Mansouri a assuré que le gouvernement mesure l’ampleur de ses responsabilités et l’importance des échéances à venir. Elle a insisté sur la nécessité de privilégier l’écoute, la transparence quant aux moyens disponibles et aux contraintes existantes, ainsi que la traduction des engagements en programmes réalisables.
La réussite de cette action dépendra notamment de la coopération avec le Parlement et du respect de ses prérogatives législatives, de contrôle et d’évaluation, a-t-elle précisé, soulignant également l’importance d’une bonne gestion du calendrier politique et législatif, dans le respect des rôles respectifs de la majorité et de l’opposition.
Un mandat inscrit dans la continuité des réformes
La cheffe du gouvernement a renouvelé ses remerciements au Roi Mohammed VI pour la confiance royale dont elle a été investie à travers sa nomination. Elle a estimé que cette nomination constitue un honneur qui traduit la considération accordée par le Souverain à la femme marocaine, exprimant, en son nom et au nom des femmes du Royaume, sa fierté et sa détermination à assumer cette responsabilité au service du pays et de ses intérêts supérieurs.
Elle a également présenté ce mandat comme une étape charnière du processus de réforme engagé par le Roi depuis 27 ans, un processus qui associe stabilité de l’État, modernisation des institutions, élargissement des droits, régularité des élections et alternance des responsabilités.
À cet égard, El Mansouri a rappelé les acquis de la Constitution de 2011, qui a consacré le choix démocratique, lié la nomination du chef du gouvernement aux résultats des élections, renforcé l’indépendance de la justice et consolidé le rôle du Parlement. Ce texte a également consacré le principe de parité, la bonne gouvernance, la participation citoyenne, la reddition des comptes ainsi que l’équilibre et la coopération entre les pouvoirs.
Elle a par ailleurs souligné que la régionalisation avancée a ouvert de nouvelles perspectives pour un développement fondé sur les spécificités et les besoins des territoires. Ce processus a contribué à faire du Maroc un modèle associant stabilité et réforme, dans lequel la monarchie constitutionnelle garantit la continuité et l’unité de l’État, tandis que le choix des électeurs constitue le fondement de la formation de la majorité et de l’exercice des responsabilités.
Le pouvoir d’achat et les services publics au cœur des attentes
Selon la cheffe du gouvernement, les élections législatives du 23 septembre dernier ont confirmé la maturité de la pratique démocratique au Maroc et l’attachement au principe du choix par les urnes.
À cette occasion, les citoyens ont exprimé des attentes fortes en matière de préservation du pouvoir d’achat, d’ouverture de perspectives pour les jeunes, d’amélioration de l’école et de l’hôpital publics, de réduction des disparités territoriales et de sécurisation des besoins du pays en eau, en énergie et en produits alimentaires.
La majorité gouvernementale entend transformer ces attentes en politiques publiques claires, dans le cadre d’une coopération équilibrée entre les pouvoirs et d’une ouverture sur les acteurs économiques, sociaux et territoriaux, a-t-elle assuré.
El Mansouri a toutefois reconnu que, malgré les réformes engagées, la réalisation de grands projets et le renforcement de la présence du Maroc sur les scènes africaine et internationale, les fruits du progrès n’ont pas bénéficié de manière égale à toutes les catégories sociales et à tous les territoires.
L’emploi, le pouvoir d’achat, la qualité des services publics et la justice territoriale demeurent ainsi au premier rang des préoccupations des citoyens.
« Nous voulons passer de l’élargissement de la couverture sociale à la qualité du service, du volume des investissements à leur rendement, et de la multiplication des programmes à leur intégration et à leur impact », a-t-elle déclaré.
Les cinq prochaines années doivent ainsi permettre de préserver les acquis, de mener à terme les grands chantiers et de corriger les dysfonctionnements, tout en concentrant les ressources de l’État sur des priorités dont les citoyens pourront constater les effets dans leur emploi, leurs conditions de vie, l’éducation de leurs enfants, leur accès aux soins, leur logement et leur environnement territorial.
Miser sur les atouts du Maroc dans un contexte international incertain
La cheffe du gouvernement a également mis en avant un environnement international marqué par une instabilité accrue et une concurrence plus intense. Les tensions géopolitiques redessinent les routes commerciales et énergétiques, tandis que les politiques protectionnistes entraînent une relocalisation des chaînes de production. Parallèlement, la transition numérique et l’intelligence artificielle transforment la nature des métiers et les sources de valeur ajoutée, alors que le changement climatique accentue la pression sur les ressources en eau, l’agriculture et la sécurité alimentaire.
Dans ce contexte, elle a souligné que la proximité du Maroc avec les marchés européens, son ancrage africain, sa façade atlantique, sa stabilité institutionnelle, ses infrastructures et sa base industrielle constituent autant d’atouts pour attirer de nouveaux investissements, développer les exportations et renforcer l’intégration du Royaume dans les secteurs émergents.
La mission du gouvernement, en collaboration avec les différents acteurs, consiste à transformer ces opportunités en un véritable levier pour poursuivre l’ambition du Maroc de devenir une puissance économique émergente, tout en assurant un équilibre entre croissance économique et renforcement de la justice sociale, a conclu El Mansouri.








