Maroc: après des mois de suspension, les avocats reprennent provisoirement leur activité
Les avocats marocains reprennent provisoirement leur activité à partir de ce mercredi 7 octobre 2026, conformément à la décision de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM), après plusieurs mois de suspension de leurs services professionnels.
Cette reprise intervient dans un contexte de contestation autour de plusieurs mesures législatives et gouvernementales relatives à la profession d’avocat. Depuis plusieurs mois, les avocats avaient suspendu leurs activités pour protester contre des dispositions qu’ils estiment susceptibles de porter atteinte à l’indépendance de la profession, à son immunité ainsi qu’à son autonomie dans la gestion de ses affaires.
Dans un précédent communiqué, l’Association des barreaux du Maroc avait expliqué que la décision de reprendre temporairement l’activité traduisait la position des avocates et avocats marocains, qui refusent, selon elle, de reprendre durablement l’exercice de la profession dans un contexte où le gouvernement « s’est désolidarisé de ses engagements » et a porté atteinte à la place de la profession en tant que mission à la fois humaine et liée à la défense des droits.
L’Association précise toutefois que cette reprise ne constitue pas un abandon de ses revendications. La suspension du mouvement vise notamment à laisser aux nouvelles institutions constitutionnelles le temps d’assumer leurs responsabilités et de remédier, selon les avocats, aux dysfonctionnements ayant marqué le processus législatif relatif à la loi régissant la profession.
L’objectif affiché est ainsi de préserver l’indépendance de la profession, son autonomie de gestion, son immunité ainsi que les acquis obtenus au fil des années.
Pour l’ABAM, cette suspension temporaire doit également permettre aux avocats de se mobiliser et de se préparer aux prochaines étapes, qui pourraient donner lieu à de nouvelles actions de protestation et s’inscrire dans la durée.
L’Association réaffirme ainsi que son combat porte avant tout sur la défense de la profession d’avocat et sur la préservation de sa place constitutionnelle en tant qu’acteur essentiel de la justice et de l’État de droit.








