Barrages: 12 sites du bassin du Sebou ciblés pour des centrales solaires flottantes

L’Agence du bassin hydraulique du Sebou s’apprête à lancer une étude de faisabilité pour la réalisation de centrales solaires flottantes sur les plans d’eau de 12 barrages relevant de son périmètre. Le projet ambitionne de conjuguer préservation des ressources hydriques et production d’électricité renouvelable, en exploitant les surfaces des retenues pour limiter l’évaporation tout en générant de l’énergie propre.
Les barrages concernés sont répartis sur les provinces de Kénitra, Khémisset, Ouezzane, Moulay Yacoub, Sefrou, Taza et Taounate. Il s’agit notamment des barrages Al Menaâ sur l’oued Sebou, El Kansara, Oulja Sultan, Al Wahda, Sidi Chahed, Allal El Fassi, M’Dez, Bab Ouata, Idriss Ier, Bouhouda, Sahla et Asfalou.
L’un des principaux objectifs de cette initiative est de réduire les pertes d’eau liées à l’évaporation. Selon les estimations avancées dans le cadre du projet, la couverture partielle des retenues par des panneaux photovoltaïques flottants pourrait permettre de réduire l’évaporation de 30 à 70%, en fonction notamment des caractéristiques des sites et du taux de couverture retenu.
Au-delà de la préservation de l’eau, cette technologie présente également l’avantage de produire de l’électricité sans mobiliser de nouvelles superficies terrestres. Le contact avec l’eau peut par ailleurs contribuer au refroidissement des panneaux et ainsi favoriser leur rendement énergétique.
La première phase de l’étude sera consacrée à la collecte et à l’analyse des données relatives aux 12 barrages. Il s’agira notamment d’identifier les zones les plus adaptées à l’installation de centrales flottantes, en tenant compte des caractéristiques techniques et hydrauliques de chaque ouvrage, des surfaces disponibles, des contraintes environnementales ainsi que des possibilités de raccordement au réseau électrique.
D’après la plateforme numérique « Maal Dialna », relevant du ministère de l’Équipement et de l’Eau, une deuxième phase portera sur l’évaluation de la faisabilité technique, énergétique, économique et environnementale des différents scénarios envisageables. Cette étape intégrera également les aspects réglementaires, fonciers et institutionnels du projet.
L’étude devra aussi examiner plusieurs modes de réalisation et de financement, notamment les partenariats public-privé, les contrats de concession ou encore les projets développés par des producteurs indépendants d’électricité.
À l’issue de ces évaluations, les sites prioritaires seront identifiés et des études préliminaires seront élaborées pour les projets retenus. Les travaux porteront également sur la définition des modèles économiques et des mécanismes de financement, avant l’élaboration d’un programme de déploiement à court, moyen et long terme, accompagné d’une feuille de route dédiée à l’investissement et au développement.
À travers ce projet, le bassin du Sebou entend ainsi explorer une solution permettant de répondre simultanément à deux enjeux majeurs : préserver une ressource hydrique soumise à d’importantes pertes par évaporation et renforcer la production d’électricité à partir de sources renouvelables. Une approche qui s’inscrit dans la recherche de solutions innovantes à l’intersection de la gestion de l’eau et de la transition énergétique au Maroc.







