Maroc

Santé, communes, éducation… Les Marocains insatisfaits des services publics (Rapport)

La qualité des services publics et les comportements professionnels des agents administratifs suscitent un mécontentement marqué auprès des citoyens.

C’est ce qui ressort d’un rapport récent du Centre marocain de la citoyenneté, qui met en évidence de fortes disparités entre les secteurs évalués, avec une insatisfaction particulièrement élevée dans la santé publique, les communes et l’enseignement.

Réalisée entre novembre 2025 et mars 2026 auprès de 650 participants, l’étude consacrée au « comportement professionnel au Maroc » dresse un état des lieux préoccupant de la perception des usagers concernant la qualité des prestations et les conditions de leur prise en charge au sein des administrations publiques.

La santé publique arrive en dernière position du classement, avec seulement 12,7 % de personnes satisfaites. À l’inverse, 87,3 % des participants se déclarent insatisfaits du comportement professionnel dans ce secteur. Les communes affichent également un bilan défavorable, avec un taux de satisfaction de 21,4 %, suivies de l’enseignement public (25,8 %), des services fiscaux (26 %) et de la justice (28,8 %).

À l’autre extrémité du classement, la conservation foncière se distingue avec le taux de satisfaction le plus élevé parmi les dix secteurs évalués, à 50,5 %. Les centres d’immatriculation des véhicules arrivent en deuxième position avec 46,4 %, devant les services de l’eau et de l’électricité (42,4 %), les douanes (39,1 %) et la Caisse nationale de sécurité sociale (34 %).

La santé publique, principale source de mécontentement

Le rapport met particulièrement en lumière les difficultés rencontrées par les usagers des établissements de santé publics. Le manque de satisfaction concerne plusieurs aspects essentiels de la prise en charge, à commencer par la disponibilité des équipements et des fournitures médicales de base.

Ainsi, 85,4 % des personnes interrogées se disent insatisfaites de la disponibilité de ces équipements et fournitures. Les délais d’attente pour accéder aux services de santé constituent également un motif majeur de mécontentement, avec un taux d’insatisfaction de 84,6 %.

L’équité dans le traitement des patients apparaît elle aussi comme un point sensible. Selon l’étude, 81,2 % des participants ne sont pas satisfaits de l’égalité de traitement et de l’absence de discrimination entre les usagers. Le même constat concerne l’accueil, la communication et l’orientation, qui enregistrent un taux d’insatisfaction de 78,5 %.

La qualité des prestations médicales est également mise en cause : 78,4 % des personnes interrogées expriment leur insatisfaction à cet égard. Même le professionnalisme du personnel dans ses relations avec les usagers, qui obtient l’appréciation relativement la plus favorable parmi les aspects évalués, ne recueille que 29,5 % de réponses positives.

Le mauvais traitement et les retards dans les dossiers pointés du doigt

Au-delà du secteur de la santé, l’étude relève plusieurs pratiques jugées problématiques dans les administrations publiques. Le mauvais traitement et l’inégalité entre les usagers arrivent en tête des comportements négatifs cités par les participants, avec 76,2 % des réponses.

Les retards dans le traitement des dossiers constituent le deuxième grief le plus fréquemment exprimé, avec un taux de 75,6 %. Le manque de responsabilité et de mécanismes de reddition des comptes est également pointé du doigt par 74,3 % des personnes interrogées.

Ces résultats mettent en évidence des attentes importantes des citoyens en matière d’accueil, de transparence, d’équité et d’efficacité administrative. Ils soulignent également les difficultés persistantes auxquelles les usagers estiment être confrontés dans leurs démarches auprès de plusieurs services publics.

À travers cette étude, le Centre marocain de la citoyenneté met ainsi en lumière le décalage entre les attentes des citoyens et leur perception du fonctionnement de certaines administrations, en particulier dans les secteurs où la qualité du service et les conditions de prise en charge sont les plus critiquées.

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