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Colère sociale en France : le gouvernement attendu au tournant lundi

Une hausse du Smic peut-elle suffire ? Après les manifestations de grande ampleur de jeudi, les réponses du gouvernement sont attendues lundi lors d’une conférence sociale mais les syndicats avertissent que de petites mesures n’éteindront pas la colère, tandis que d’autres manifestations se préparent.

Les manifestations vont-elles continuer dans les prochains jours ?

L’intersyndicale rassemblant les huit principaux syndicats nationaux a indiqué qu’elle déciderait lundi soir, à l’issue de la conférence sociale, de la suite du mouvement, soulignant que seules des réponses à ses revendications l’arrêteraient.

D’ores et déjà, comme les trois samedis précédents, l’intersyndicale de la jeunesse (Union étudiante, Fage, Unef et USL) et des unions syndicales régionales (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFDT) appellent à manifester samedi sur le même parcours parisien, entre les places de la République et de la Nation, que jeudi.

Se dissociant des syndicats, la coordination des gilets jaunes maintient un rassemblement distinct place de la Concorde, malgré son interdiction par la préfecture de police. Sa carte collaborative comprend vendredi plus de 60 manifestations en France pour cet « Acte IV » samedi.

Autres organisation de jeunesse, le collectif Interfac prévoit une manifestation à Paris mardi.

Alors que la colère sociale gronde dans de nombreux pays, des syndicats et associations de droit au logement français, espagnols, portugais, belges, italiens, britanniques et grecs appellent à des manifestations coordonnées contre la vie chère fin novembre.

Quelles mesures pourraient être prises à l’issue de la conférence sociale ?

Les syndicats déplorent l’absence des fonctionnaires, qui demandent le dégel de leur point d’indice, et celle des jeunes, à la conférence sociale lundi.

Le gouvernement laisse entendre depuis plusieurs jours qu’il est ouvert à une mesure sur le Smic, mais son ampleur n’atteindra sans doute pas leurs exigences (100 euros net pour la CFDT, environ 150 pour la CGT).

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a jugé vendredi sur TF1 « important » d’essayer de « franchir la barre » des 1.500 euros net pour le Smic mensuel, soit une hausse de 22 euros.

« En dessous de 2 %, on ne pourra pas estimer qu’il y a un vrai coup de pouce », puisqu' »on est dans une fourchette entre 1 et 1,5 % d’augmentation automatique du Smic quoi qu’on fasse », pour suivre l’inflation, insiste le secrétaire national de la CFDT Rui Portal.

Les syndicats demandent aussi que les entreprises des branches professionnelles dont les minima sont inférieurs au Smic et qui ne négocient pas sur les salaires ne bénéficient plus d’aides publiques.

Mais les organisations patronales répètent qu’elles ne peuvent pas supporter le cumul d’une hausse des salaires et d’une réduction des allègements de cotisations patronales.

« Pour le moment, on n’a pas d’ouverture concrète sur les allègements de charges, qui permettraient de redonner de l’oxygène aux entreprises pour satisfaire à court terme les demandes de revalorisations salariales », explique vendredi le Medef.

Le projet de budget de la Sécurité sociale prévoit que ces allègements soient calculés sur une base moins favorable dans les branches dont les minima restent inférieurs au Smic. Le décret en préparation ne s’annonce toutefois « pas très contraignant », pointe Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT.

A Matignon, « ils n’ont vraiment pas grand-chose dans la besace », s’agace-t-il, soulignant la nécessité d’agir pour « les millions de personnes qui sont juste au-dessus du Smic ».

Les derniers chiffres du ministère du Travail montrent une baisse du salaire mensuel de base dans le secteur privé de 1,1 % sur un an, en prenant en compte l’inflation.

Le chèque énergie à destination des foyers modestes, qui a été reconduit dans le projet de budget 2027, fait aussi partie des pistes, selon une source ministérielle, confirmant une information de France Inter : le gouvernement étudie un élargissement de son assiette ou une augmentation de son montant.

Que peuvent attendre les organisations de jeunesse ?

Le premier comité de réforme de Parcoursup doit se réunir lundi, associant lycéens et enseignants autour des ministres concernés et présenter de « premières recommandations » courant novembre, selon Sébastien Lecornu.

La plateforme d’orientation post-bac, au cœur des critiques, est appelée à évoluer dès 2027 avant d’être remplacée en 2028.

Le ministère de l’Education nationale a également annoncé fin octobre l’annulation des suppressions de postes prévues avec la création de 500 postes de professeurs supplémentaires, le plafonnement à 28 élèves par classe de seconde, la révision du contrôle continu au baccalauréat ou encore la création de 15.000 places dans l’enseignement supérieur.

Entamé il y a près de deux mois, le mouvement va-t-il se poursuivre alors que l’échéance du bac se rapproche ? Plus ou moins sporadiques, les blocages ont continué cette semaine.

 

 

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