
Le Maroc connaît, depuis le début de l’automne, un retard notable des précipitations dans plusieurs régions du Royaume. Cette situation s’accompagne d’une relative stabilité des conditions météorologiques, avec des températures qui restent globalement conformes aux normales saisonnières.
Interrogé par Site Info, Mohamed Benabou, expert en climat et en développement durable, attribue principalement ce déficit pluviométrique à la présence de l’anticyclone des Açores, qui fait obstacle à l’arrivée des perturbations atmosphériques en provenance de l’océan Atlantique. Il évoque également les effets à distance du phénomène climatique El Niño, observé dans l’océan Pacifique.
Malgré ce retard des pluies, l’expert se veut rassurant quant à ses conséquences sur les ressources hydriques du pays. Selon lui, les réserves des barrages affichent des niveaux particulièrement encourageants, grâce aux précipitations exceptionnelles enregistrées au cours de l’année dernière. Ces apports ont permis de reconstituer les stocks d’eau, après plusieurs années marquées par une sécheresse sévère.
Cette situation favorable se reflète notamment dans les grands ouvrages hydrauliques du Royaume, dont les barrages Al Wahda, Idriss Ier, Bin El Ouidane et Al Massira. Le niveau de leurs réserves contribue ainsi à atténuer, à court terme, les inquiétudes liées au manque de précipitations en ce début de saison automnale.
L’agriculture, principal secteur exposé au retard des pluies
Si les réserves hydriques restent rassurantes, les conséquences du retard des précipitations devraient se faire davantage sentir dans le secteur agricole. L’absence de pluies suffisantes peut notamment repousser les opérations de labour et contraindre les agriculteurs à revoir le calendrier des cultures automnales.
Cette situation risque ainsi de compliquer le démarrage de la campagne agricole dans certaines régions, où les travaux des champs dépendent directement des premières précipitations de la saison.
Le retard des pluies constitue donc un défi pour le calendrier agricole, même si les réserves accumulées dans les barrages offrent, pour le moment, une marge de sécurité sur le plan hydrique. L’évolution de la situation météorologique au cours des prochaines semaines sera déterminante pour les agriculteurs et pour le bon déroulement de la campagne agricole.








