En vidéo: Fouzi Lekjaa détaille le financement du programme du PAM

390 milliards de dirhams sur cinq ans : c’est le montant global du programme électoral présenté par le Parti authenticité et modernité (PAM), selon Fouzi Lekjaa, membre de son bureau politique. Sur cette enveloppe, 314 milliards de dirhams seraient pris en charge par l’État à travers le budget général, tandis que le reste serait financé par les collectivités territoriales, les régions et les conseils provinciaux.
Dans le troisième épisode du podcast « Bi Woudouh avec Fouzi Lekjaa », le responsable du PAM a détaillé les grandes lignes du financement de ce programme, alors que les interrogations sur les sources de financement des engagements électoraux sont nombreuses. Il a estimé que ces questions étaient légitimes, soulignant qu’en l’absence de financements réels, les programmes risquent de se transformer rapidement en simples promesses.
Sur les 314 milliards de dirhams devant être mobilisés par l’État, 108 milliards seraient consacrés à la protection sociale et à la réforme des retraites. Cette enveloppe comprend notamment une hausse de 500 dirhams, portant certaines aides à 1.000 dirhams, ainsi que la fixation d’une pension minimale à 3.000 dirhams.
Le soutien au pouvoir d’achat constitue le deuxième axe, avec une enveloppe de 93 milliards de dirhams. Le programme prévoit notamment des mécanismes destinés à réguler les prix à travers les entreprises de distribution.
Les programmes de développement territorial intégré bénéficieraient, pour leur part, de 57 milliards de dirhams, tandis que 30 milliards seraient consacrés à l’insertion des jeunes, à travers un dispositif combinant formation et incitations. Enfin, 26 milliards de dirhams seraient dédiés au développement des infrastructures et à l’accélération de leur réalisation.
Fouzi Lekjaa a expliqué que le coût initial du programme était fixé à 350 milliards de dirhams sur cinq ans, avant l’ajout de mesures spécifiques dans les secteurs de l’éducation et de la santé, portant le montant total à 390 milliards de dirhams.
Concernant le financement de ce programme, Lekjaa a indiqué que sa mise en œuvre reposait notamment sur la maîtrise du déficit budgétaire autour de 3 % et sur un objectif de croissance de 5 %. Selon lui, ces paramètres permettraient d’augmenter les recettes fiscales et douanières de 8 %.
Le responsable du PAM a également évoqué la mobilisation de ressources non fiscales entre 2028 et 2031, notamment à travers les contributions des entreprises publiques commerciales. Il a assuré, dans le même temps, que la masse salariale et les dépenses de fonctionnement resteraient stables en proportion du produit intérieur brut, sans remise en cause des acquis des fonctionnaires, de leurs promotions ou des résultats du dialogue social institutionnalisé.
Sur la question de l’endettement, Lekjaa a estimé que le maintien du déficit à 3 % permettrait de faire passer le ratio d’endettement de 66,8 % à 62 % à l’horizon 2031. Il a également souligné que les deux tiers de la dette seraient constitués de dette intérieure, limitant ainsi l’exposition du Maroc aux risques de change.
Selon Lekjaa, la ligne de crédit accordée par le Fonds monétaire international constitue par ailleurs un indicateur de la solidité des finances publiques nationales.
Le responsable du PAM a enfin affirmé que les fonds empruntés seraient exclusivement destinés au financement des investissements, conformément à la loi organique relative à la loi de finances, et qu’aucune partie de ces ressources ne serait affectée aux dépenses de consommation.
Sur le terrain, Lekjaa a indiqué que les déplacements effectués durant la campagne électorale dans différentes provinces et régions du Royaume avaient renforcé sa conviction quant à la pertinence des mesures proposées par le PAM. Il a assuré que l’écoute directe des citoyens se poursuivrait au-delà de la campagne, le citoyen étant, selon lui, un partenaire essentiel dans l’élaboration des politiques publiques.
S.L.








