À Tiznit, Fouzi Lekjaa défend ses idées et rassures les habitants

Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM), a affirmé que l’exercice de l’activité politique ne devait pas se transformer en un moyen d’obtenir des emplois ou des nominations, soulignant que l’acteur politique devait rester au service des citoyennes et des citoyens et placer l’intérêt du Maroc et des Marocains au-dessus de toute autre considération.
Lors d’une rencontre de communication tenue ce samedi avec les représentants du PAM à Tiznit, Lekjaa a indiqué qu’il était disposé à revenir une nouvelle fois dans la région, soulignant que l’action politique ne se résumait pas, à ses yeux, à l’accès aux postes, mais consistait avant tout à servir le pays et à assumer ses responsabilités.
Il a, dans ce contexte, estimé que les nominations et les responsabilités exigeaient que la personne désignée soit à la hauteur de la mission qui lui est confiée.
Le membre du bureau politique du PAM a également indiqué que son parti avait présenté un programme qu’il considère comme « réaliste » et accessible à tous, pouvant être lu, compris et assimilé par chacun.
Lekjaa a expliqué que ce programme repose sur deux principaux volets, social et économique, estimant que le débat consistant à déterminer qui a assumé ses responsabilités et qui ne l’a pas fait est « stérile » et n’apporte pas de solutions aux enjeux du présent ou de l’avenir.
Sur le volet social, Lekjaa a insisté sur le pouvoir d’achat, la situation des retraités, des salariés et des fonctionnaires, ainsi que sur la hausse des prix, autant de problématiques qui nécessitent, selon lui, « une série de corrections » dans différents domaines. Il a affirmé que la notion d’État social ne pouvait être réduite à l’aide sociale directe et à la couverture médicale, mais devait également englober l’école et les services de santé.
Il a estimé que les attentes du citoyen marocain en matière de santé étaient «modestes», expliquant que celui-ci souhaite simplement pouvoir entrer dans un hôpital, y trouver un médecin qui l’écoute et lui prodigue les soins nécessaires, avant de rentrer chez lui. Selon lui, la garantie de ces services relève pleinement des missions de l’État social.
Lekjaa s’est également arrêté sur la question de la jeunesse et de l’emploi, indiquant qu’environ 300.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire, selon les statistiques qu’il a citées. Il a mis en garde contre le risque d’aggravation de cette problématique en l’absence d’un accompagnement et d’une qualification permettant à ces jeunes de s’intégrer au marché du travail, notamment alors que les chefs d’entreprise rencontrent des difficultés à trouver une main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs métiers.
Sur le volet économique du programme du parti, Lekjaa a affirmé que le PAM défendait la libération des potentialités économiques des jeunes, notamment en passant, dans plusieurs secteurs, d’un système fondé sur l’autorisation à un régime basé sur la déclaration. L’objectif, selon lui, est de permettre à toute personne souhaitant lancer un projet d’accéder à l’activité économique de manière plus simple et plus claire.
Il a également insisté sur la nécessité de créer un climat de confiance, d’offrir des opportunités et d’assurer davantage de visibilité aux investisseurs, expliquant que l’objectif principal était de leur permettre de créer des emplois pour les jeunes, tout en s’acquittant des impôts dus, dans l’intérêt de l’économie nationale.
Concernant le financement du programme du PAM, dont le coût est estimé à 350 milliards de dirhams, Lekjaa a expliqué que les recettes fiscales progressaient, selon les données qu’il a présentées, d’environ 12 % par an. Il a estimé que la mobilisation de seulement 10 % de cette progression, après une réduction de deux points, pourrait générer quelque 40 milliards de dirhams par an. Il a ajouté que la réduction du déficit de 7 % à 3 % signifierait, selon ses calculs, qu’un point représenterait environ 14 milliards de dirhams.
Sur la base de ces données, Lekjaa a estimé qu’environ 100 milliards de dirhams pourraient suffire à financer un programme dont le coût est d’environ 70 milliards de dirhams par an. Il a exprimé l’espoir que ce programme soit correctement mis en œuvre sur le terrain et permette même d’obtenir de meilleurs résultats, car, a-t-il souligné, « notre pays mérite le meilleur ».
Sur le plan politique, Lekjaa a déclaré que la méthode consistant à mener des campagnes électorales directes et à appeler les citoyens à voter « ne lui correspondait pas », préférant, selon ses termes, les rencontres de proximité qui permettent un échange direct avec les citoyens et l’écoute de leurs attentes.
La rencontre a réuni plusieurs représentants du Parti authenticité et modernité dans la région, parmi lesquels Fouad El Moudni, tête de liste du parti à Tiznit, ainsi que plusieurs acteurs et militants locaux.
S.L.








