Maroc

Maroc : un expert alerte sur la situation des stocks pétroliers et le sort de la SAMIR

Dans un contexte où le débat sur l’autonomie stratégique du Maroc s’intensifie, la gestion des stocks pétroliers et la mise à l’arrêt de la raffinerie SAMIR cristallisent les tensions. Houssine El Yamani, figure de proue du syndicalisme pétrolier, dénonce une situation qu’il juge critique pour la résilience du pays.

La question du raffinage et des capacités de stockage des hydrocarbures au Maroc ne cesse de nourrir la controverse. Pour Houssine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national des industries du pétrole et du gaz et président du Front national pour la sauvegarde de la SAMIR, l’immobilisme actuel est le fruit d’un manque flagrant de volonté politique. En ligne de mire : le retrait de l’État de la gestion du stockage depuis 2020 et l’abandon progressif d’infrastructures pourtant vitales.

Discordance statistique : les vérités de l’expert face au Gouvernement

L’expert a vivement réagi aux récentes déclarations de la ministre de la Transition énergétique, Leïla Benali, devant le Parlement. Selon lui, les données officielles ne reflètent pas la réalité du terrain. Alors que le gouvernement évoque l’exploitation de 800 000 m³ de capacités de stockage, El Yamani affirme qu’un seul opérateur utilise actuellement un réservoir unique de 80 000 m³.

Ce volume dérisoire ne représenterait que 4 % de la capacité totale du site, estimée à 2 millions de m³. Pour le syndicaliste, cette capacité inutilisée pourrait pourtant sécuriser une part majeure des besoins nationaux si elle était pleinement mobilisée.

Stocks stratégiques : entre théorie et réalité

Au-delà de l’infrastructure physique, l’expert pointe une nuance cruciale : la sécurité énergétique ne dépend pas des réservoirs vides, mais des volumes de produits pétroliers réellement disponibles sur le sol national.

Il observe qu’en raison de la volatilité des marchés mondiaux, de nombreux opérateurs rechignent à maintenir des stocks élevés pour éviter des pertes financières en cas de chute des cours. Cette stratégie de « flux tendu » se ferait au mépris de l’obligation réglementaire de maintenir une réserve de 60 jours. À titre de comparaison, du temps de sa splendeur, la SAMIR garantissait à elle seule un stock de 1,5 million de tonnes, soit environ 45 jours de consommation nationale.

L’autonomie énergétique en péril ?

Dénonçant un « silence prolongé » de la part des autorités, Houssine El Yamani s’inquiète d’une mise à l’arrêt définitive de l’outil industriel national. Cette situation, qu’il qualifie de démantèlement silencieux, fragilise considérablement l’indépendance énergétique du Royaume.

En l’absence d’une activité de raffinage locale, le Maroc reste tributaire des importations de produits finis, subissant de plein fouet les soubresauts géopolitiques internationaux. Pour l’expert, la relance de la SAMIR demeure l’unique rempart crédible pour garantir une souveraineté énergétique durable et protéger l’économie nationale.

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