Maroc

Transport routier : le cri d’alarme des professionnels face à l’envolée des prix du carburant

La Coordination des syndicats nationaux du secteur du transport routier de marchandises a manifesté sa profonde préoccupation ainsi que sa stupéfaction suite à la dernière escalade des prix des carburants. Cette nouvelle hausse, venant s’ajouter à une série d’augmentations successives, a propulsé le tarif du gasoil au-delà de la barre symbolique des 15 dirhams le litre dans les réseaux de distribution.

Par voie de communiqué, la coordination met en garde contre une dégradation majeure de la situation, susceptible d’engendrer une crise inédite au sein du transport routier de marchandises. Elle insiste particulièrement sur l’impact délétère de cette inflation sur le pouvoir d’achat des citoyens, déplorant le manque de mesures gouvernementales tangibles pour mettre l’économie nationale à l’abri de la volatilité des marchés mondiaux et de l’influence des distributeurs.

Les organisations syndicales fustigent la « politique du fait accompli » imposée par les pétroliers. Elles soulignent un déséquilibre flagrant : si les hausses sont répercutées à la pompe de manière instantanée, les baisses enregistrées sur les cours internationaux tardent, elles, à être appliquées.

Pour la coordination, cette situation découle de « l’incapacité du gouvernement » à instaurer une régulation stricte du secteur. Elle estime que l’absence de contrôles rigoureux permet aux distributeurs de générer des bénéfices injustifiés sur le dos des transporteurs. De plus, elle affirme que l’aide publique actuellement en vigueur est largement insuffisante face à la réalité de l’augmentation des coûts du gasoil.

Face à cette impasse, les syndicats exigent une révision massive des dispositifs d’aide :

  • Une revalorisation du soutien à hauteur de 150 %, en opposition aux 25 % proposés par le ministère de tutelle.
  • Une extension de ce soutien à toutes les catégories de véhicules de transport de marchandises pour le compte d’autrui.
  • Un montant cible de 15 000 dirhams par véhicule tracteur.

Enfin, les professionnels plaident pour un plafonnement immédiat des prix des carburants et la fixation des marges des distributeurs. Ils demandent également une intervention urgente du Conseil de la concurrence afin de réguler le marché et lutter contre les pratiques anticoncurrentielles, ainsi que la relance de la raffinerie SAMIR et la création de nouvelles infrastructures similaires pour renforcer la souveraineté énergétique du Maroc.

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