Programme gouvernemental : les réponses de Fatima Ezzahra El Mansouri à la Chambre des conseillers

Le gouvernement adoptera des mesures concrètes, efficaces et réalistes, appuyées par des chiffres et un financement réel afin de mettre en œuvre son programme, a souligné, mercredi à Rabat, la Cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri.
En réponse aux interventions des groupes et des groupements lors d’une séance plénière consacrée à la discussion du programme gouvernemental à la Chambre des conseillers, El Mansouri a indiqué que les engagements de l’Exécutif ne se limitent pas à « de simples déclarations d’intention », mais reposent sur des mesures élaborées à la suite de l’écoute des citoyens et des échanges avec eux au niveau territorial, notamment sur l’avenir des jeunes, la situation des personnes âgées et des femmes, ainsi que le pouvoir d’achat.
Pour ce qui est des remarques sur le niveau d’ambition de ces engagements, elle a indiqué que le Maroc dispose de ressources humaines et naturelles, d’institutions solides, de stabilité et d’infrastructures lui permettant de réaliser de grandes ambitions, se disant confiante dans la capacité du gouvernement à atteindre les objectifs fixés.
Elle a, en outre, mis en avant le caractère politique de son gouvernement, fruit d’une vision commune entre quatre partis politiques nationaux qui partagent des valeurs et des références démocratiques proches et qui sont attachés au dialogue, à la proximité avec les citoyens et à l’écoute de leurs attentes.
Dans ce sens, la Cheffe du gouvernement a assuré que la moralisation de la vie publique et de la pratique politique constitue la voie à même de rétablir la confiance des citoyens dans les institutions, notamment les institutions élues, notant que l’intégrité « n’est pas un simple slogan, mais une nécessité pour la société », et que les partis de la majorité ont convenu de lutter contre les conflits d’intérêts dans les meilleurs délais.
Sur le plan socio-économique, El Mansouri a précisé que le pouvoir d’achat est affecté par les mutations géopolitiques, mais qu’il dépend également de la gestion nationale, qui peut être améliorée, insistant que « le gouvernement refuse que certaines catégories s’enrichissent au détriment d’autres ».
De même, elle a souligné que le gouvernement soutient l’investissement, encourage les entreprises, simplifie les procédures administratives et prévoit de remplacer les autorisations par des cahiers des charges, eu égard au rôle des entreprises dans la création d’emplois, le développement et le renforcement de la stabilité.
S’agissant de l’emploi, El Mansouri a réaffirmé l’ambition de créer un million d’emplois, de réduire le taux de chômage à 7% et de porter celui de l’employabilité des femmes à 21,2% à l’horizon 2031.
Pour ce qui est du dialogue social, elle a souligné que le gouvernement poursuivra ce dialogue avec les syndicats et les partenaires sociaux et veillera à respecter les engagements pris, faisant état de la programmation, à cet effet, de 50 milliards de dirhams au titre de l’année 2027.
Dans la même veine, elle a affirmé la poursuite du chantier Royal de la protection sociale qui dépasse le temps politique et qui s’inscrit dans le cadre des projets structurants liés à la stratégie nationale du Royaume.
Par ailleurs, la Cheffe du gouvernement a fait observer que la gestion du développement dans le monde rural reposera sur la convergence et l’implication des différents intervenants au niveau territorial, à savoir les walis, les gouverneurs et les présidents de communes et de régions, précisant que l’écoute des besoins des citoyens doit commencer sur le terrain, le gouvernement se chargeant d’élaborer la vision politique tandis que l’exécution se fera au niveau territorial.
Concernant les Marocains résidant à l’étranger, El Mansouri a souligné qu’ils représentent des partenaires dans la dynamique de développement du Royaume, faisant part de la détermination de l’Exécutif à opérationnaliser la Fondation Mohammedia pour les Marocains du monde dans les plus brefs délais.
De même, elle a mis en avant l’importance de la numérisation pour rapprocher les services des Marocains du monde, y compris les prestations consulaires et celles des autres institutions concernées.
Présentant les données financières liées aux engagements gouvernementaux, El Mansouri a relevé que le total des dépenses devra s’élever à 390 milliards de dirhams, dont 314 milliards de dirhams assurés par le budget général de l’État, les 76 milliards de dirhams restants proviendront de ressources hors budget général.
Parmi ces dépenses, 108 milliards de dirhams seront consacrés à la protection sociale, 93 milliards de dirhams au soutien au pouvoir d’achat, 57 milliards de dirhams au programme de développement territorial intégré, 30 milliards de dirhams à l’insertion des jeunes et 26 milliards de dirhams au développement des infrastructures, a-t-elle précisé.
El Mansouri a, de même, souligné que le gouvernement cible une croissance économique de 5%, un déficit contenu à 3% et une inflation de 2%, tout en veillant à ce que l’endettement ne dépasse pas 62% à l’horizon 2031. A cet égard, elle a fait état de la mobilisation de ressources fiscales supplémentaires d’environ 240 milliards de dirhams, en s’appuyant sur la croissance économique et la hausse attendue des recettes fiscales et douanières.
S.L.








