Maroc

Aides aux taxis : le syndicat hausse le ton face au gouvernement

Le bureau national du Syndicat national des femmes et hommes professionnels des taxis, affilié à l’Union marocaine du travail (UMT), a fait part de sa profonde inquiétude et de son mécontentement face à la situation du dispositif de soutien destiné aux professionnels du transport routier.

Il dénonce une gestion marquée par l’improvisation, l’irrégularité et le manque de clarté, alors que le gouvernement présente ces aides comme un mécanisme destiné à alléger les charges croissantes supportées par les professionnels en raison de la hausse continue des prix des carburants.

Dans un communiqué publié ce mardi, le Syndicat national des femmes et hommes professionnels des taxis a renouvelé son appel au gouvernement pour la mise en place d’une véritable politique transparente de régulation des prix des carburants, notamment à travers une révision des marges bénéficiaires et l’adoption de mesures visant à préserver le pouvoir d’achat des professionnels et des citoyens.

Le syndicat a également appelé à revoir la pression fiscale appliquée aux carburants, notamment la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la taxe intérieure de consommation (TIC), afin de contribuer à réduire le coût réel des carburants.

Il a, par ailleurs, réclamé la mise en place d’un gazole professionnel au profit des chauffeurs de taxi, estimant qu’il s’agit d’un mécanisme plus stable, plus clair et plus efficace que le système d’aide ponctuelle, tout en prévoyant des conditions et des critères permettant de garantir que seuls les véritables professionnels puissent en bénéficier.

Le syndicat a également insisté sur la nécessité pour le gouvernement d’assumer ses responsabilités dans l’accompagnement de la transition énergétique du secteur, en facilitant l’accès des professionnels des taxis aux véhicules hybrides et électriques grâce à des incitations financières et fiscales ainsi qu’à des mécanismes de financement adaptés, parallèlement au développement des infrastructures nécessaires.

L’organisation syndicale a en outre appelé à améliorer les conditions d’exercice de la profession et à lutter fermement contre toutes les formes de désordre et de concurrence déloyale, notamment le transport clandestin traditionnel et le transport non autorisé utilisant des applications et des plateformes numériques pour assurer le transport de personnes en dehors du cadre légal et réglementaire.

Elle a également demandé l’ouverture d’un dialogue institutionnel sérieux sur l’avenir du dispositif de soutien et appelé à ce qu’aucune décision de réduction, de modification ou de prélèvement sur les montants des aides ne soit prise sans en informer les professionnels et leurs représentants et sans engager de concertation avec eux.

Le syndicat a affirmé que la dignité des professionnels ne saurait dépendre d’une aide ponctuelle dont le montant peut être modifié par une décision administrative sans explication ni visibilité. Selon lui, la gestion des crises sectorielles ne peut continuer à reposer sur des solutions provisoires et des mesures palliatives.

Dans ce contexte, il a appelé le gouvernement à engager un dialogue responsable, sérieux et constructif avec les représentants des professionnels, afin de mettre en place une politique durable en matière de carburants et de transport, qui préserve la dignité des professionnels, garantisse la continuité du service, protège les citoyens et contribue à bâtir un secteur du transport moderne, organisé, sûr et durable.

Enfin, le Syndicat national des femmes et hommes professionnels des taxis a vivement critiqué la manière dont le dossier des aides est géré ainsi que l’absence de réponse sérieuse à leurs revendications légitimes. Il a appelé l’ensemble de ses sections syndicales à travers le pays à se mobiliser, à se tenir prêtes et à se préparer à mener toutes les formes d’action syndicale légitimes qui seront décidées par les instances du syndicat pour défendre les droits et les revendications justes et légitimes des professionnelles et professionnels.

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