Maroc

Enseignement supérieur: une grève nationale chaque mardi dès le 3 novembre

La tension monte dans le secteur de l’enseignement supérieur. Le Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a annoncé le lancement de la troisième phase de son programme de mobilisation, marquée par une grève nationale de 24 heures chaque mardi à partir du 3 novembre 2026.

Cette décision intervient dans un contexte de mécontentement croissant au sein du secteur, le syndicat dénonçant le retard dans le traitement de plusieurs dossiers revendicatifs et le non-respect des engagements pris par le ministère de tutelle. Le mouvement de grève se poursuivra jusqu’à ce que les revendications des fonctionnaires soient satisfaites et que des avancées concrètes soient enregistrées dans les dossiers en suspens.

Dans un communiqué consulté par Site Info, le bureau national a également annoncé l’organisation d’un sit-in devant le siège du ministère de l’Économie et des Finances, le mardi 29 décembre 2026. Cette action vise à dénoncer la politique de temporisation et à réclamer la mise en œuvre effective des engagements pris ainsi qu’une réponse concrète aux revendications du personnel.

Le statut particulier et les augmentations salariales au cœur des revendications

Parmi les principaux points de mécontentement figure le retard dans l’adoption du statut particulier des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires, dont la publication se fait toujours attendre, selon le syndicat.

L’organisation syndicale déplore également l’absence de concrétisation de plusieurs engagements, notamment l’augmentation des salaires, l’exonération des frais d’inscription universitaire pour les fonctionnaires souhaitant poursuivre leurs études et la résorption du déficit important en ressources humaines.

La régularisation de la situation des fonctionnaires titulaires d’un doctorat et d’autres diplômes supérieurs figure également parmi les dossiers prioritaires réclamés par le syndicat.

Pour le bureau national, la persistance de ces retards contribue à alimenter le climat de tension dans le secteur et renforce le sentiment d’injustice et de marginalisation ressenti par les fonctionnaires. Il estime que cette situation porte atteinte aux fondements d’un dialogue social sérieux et responsable.

Le syndicat met en garde contre une nouvelle escalade

Face à ce qu’il considère comme une politique de temporisation, le syndicat prévient que l’absence de réponses concrètes risque d’aggraver davantage les tensions. Il affirme que la dignité des fonctionnaires ainsi que leurs droits professionnels et sociaux ne peuvent faire l’objet de négociations sans fin ou de promesses reportées.

L’organisation prévient également qu’en cas de maintien du blocage et d’absence d’intervention des responsables pour trouver des solutions tangibles, elle convoquera son conseil national afin de définir les prochaines étapes de la mobilisation, dans le cadre d’une quatrième phase du programme de lutte.

Malgré cette fermeté, le bureau national affirme que la voie du dialogue reste ouverte. Il appelle le ministre de l’Enseignement supérieur à inviter rapidement le syndicat à la table des négociations afin de désamorcer la crise et de parvenir à des solutions concrètes.

Le syndicat appelle enfin l’ensemble des fonctionnaires des établissements d’enseignement supérieur et des cités universitaires à se mobiliser et à participer aux différentes actions annoncées. Il tient le ministère de tutelle pour responsable de la poursuite des tensions et réclame l’ouverture urgente d’un dialogue sectoriel assorti d’engagements clairs et de mesures effectives.

La mobilisation devrait ainsi se poursuivre tant que les revendications, notamment l’adoption du statut particulier, les augmentations salariales, l’exonération des frais d’inscription universitaire et la régularisation des dossiers des titulaires de diplômes supérieurs, n’auront pas connu d’avancées jugées suffisantes par les représentants des fonctionnaires.

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