Economie

7e édition du Moroccan Consumer Day : le paiement digital entre dans une nouvelle phase au Maroc

La 7e édition du Moroccan Consumer Day (MCD), organisée par Consonews le 9 juillet 2026 à Casablanca autour du thème « Paiement au Maroc : la révolution en marche », a réuni les principaux acteurs de l’écosystème national des paiements afin d’échanger sur les transformations que connaît le secteur et les conditions nécessaires à une adoption plus large des moyens de paiement électroniques.

À travers deux tables rondes consacrées, d’une part, au cadre réglementaire et à la protection du consommateur et, d’autre part, à l’innovation et à l’expérience utilisateur, les intervenants ont partagé un constat commun : si le Maroc dispose aujourd’hui des fondations réglementaires, technologiques et concurrentielles nécessaires à l’accélération du paiement digital, les principaux défis concernent désormais l’adoption des usages et le renforcement de la confiance.

En ouverture de l’événement, Nabil Taoufik, fondateur de Consonews, a rappelé que « toute révolution des usages finit toujours par transformer la société », soulignant que cette évolution ne pourra produire pleinement ses effets que si elle reste au service du citoyen.

Les échanges ont notamment mis en évidence les effets de l’ouverture du marché de l’acquisition et l’arrivée de nouveaux opérateurs, qui marquent une étape importante dans l’évolution de l’écosystème. Pour Ismail Bellali, Directeur Général d’Unipay, « on n’a pas encore vécu le miracle en termes de volumes », estimant que le véritable enjeu réside désormais dans le développement du réseau d’acceptation des paiements électroniques auprès des commerçants.

Mohammed Adnane Boutaib, Responsable du service Études et Projets à Bank Al-Maghrib, a rappelé que la Banque centrale déploie une stratégie structurée visant à accélérer la transition vers les paiements électroniques, tout en soulignant que le cash conserve encore une place importante dans les habitudes des consommateurs marocains.

La question de la confiance a également occupé une place centrale dans les débats. Mohamed Bourazza, Directeur Compliance Groupe chez HPS (Hightech Payment Systems), a rappelé que « la conformité est un levier de confiance et de performance dont l’objectif est de mettre l’utilisateur au cœur de la réflexion ».

De son côté, Madih Ouadi, Président de la Fédération Nationale des Associations du Consommateur (FNAC), a appelé à davantage de concurrence, à une meilleure transparence dans le traitement des litiges et à un renforcement de la cybersécurité.

Les intervenants ont également insisté sur le fait que l’avenir du paiement digital dépendra avant tout de la qualité de l’expérience proposée aux utilisateurs. Zakia Eddariy, Directrice Générale de CDM Pay, a rappelé que « le jour où vous pourrez payer par carte où que vous alliez, la tendance du cash pourra être inversée, pas avant », soulignant la nécessité d’élargir le réseau d’acceptation des commerçants. Pour Hazim Sebbata, Directeur Général de ScreenEdge, « si la technologie se voit, c’est perdu », rappelant que l’innovation ne crée de valeur que lorsqu’elle simplifie réellement le parcours du consommateur.

Les discussions ont également mis en lumière l’importance de l’accompagnement des utilisateurs et des commerçants. Jaouad Dabounou, Professeur spécialiste de l’intelligence artificielle à l’Université Hassan Ier, a estimé que les principaux freins au développement des paiements digitaux sont désormais davantage culturels que technologiques. Moulay Ahmed Ouazzani, Membre du Directoire en charge du pôle monétique chez Damane Payment, a rappelé que le coût de la gestion du cash demeure largement sous-estimé, tandis que Mehdi Ouadou, Directeur des Opérations de Switch Al Maghrib, a souligné que la maîtrise de la gouvernance des infrastructures de paiement constitue un enjeu majeur de souveraineté.

Au terme de cette 7e édition, le Moroccan Consumer Day a confirmé que la transformation des paiements au Maroc est désormais entrée dans une nouvelle phase. Au-delà des évolutions technologiques et réglementaires, la réussite de cette transition reposera sur la capacité de l’ensemble des acteurs à développer les usages, renforcer la confiance et proposer des solutions toujours plus simples, accessibles et adaptées aux attentes des citoyens

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