
Longtemps critiqué en début de compétition, Walid Regragui a fini par faire taire les doutes en menant le Maroc jusqu’en finale de la CAN 2025. Une trajectoire qui rappelle à quel point la fonction de sélectionneur national peut être lourde à porter, surtout dans un pays où la passion du football est omniprésente.
Dans un entretien accordé à Eurosport, Hervé Renard, ancien sélectionneur des Lions de l’Atlas, est revenu sur la pression constante qui accompagne ce poste. « Oui, c’est lourd parfois. Mais ce n’est pas spécifique au Maroc », explique le technicien français, rappelant que même des entraîneurs au palmarès immense, comme Didier Deschamps, sont régulièrement remis en question.
Pour Renard, les critiques subies par Regragui en début de CAN sont amplifiées par le contexte actuel, marqué par la multiplication des médias et des réseaux sociaux. « Les critiques sont multipliées par un nombre incalculable », souligne-t-il, estimant que le sélectionneur marocain n’aurait même pas dû y répondre. L’essentiel, selon lui, reste ailleurs : une Coupe du monde 2022 historique conclue par une demi-finale, puis une capacité à rebondir après une élimination prématurée lors de la CAN précédente.
Interrogé sur la réaction de Regragui après la qualification en finale, Hervé Renard se montre clair : le sélectionneur doit rester dans sa bulle. « Quand on est sélectionneur, on sait où on veut aller. On doit faire abstraction de tout », insiste-t-il, tout en reconnaissant que la pression est encore plus forte lorsqu’on entraîne son propre pays.
L’ancien coach du Maroc met surtout en avant la richesse tactique de Regragui. « Il a réussi à la Coupe du monde en se repliant et en contrant. Quatre ans plus tard, il réussit à la CAN avec un autre système, d’autres intentions », analyse Renard, saluant une capacité d’adaptation « formidable » et une réponse éclatante à ses détracteurs.
Hervé Renard établit également un parallèle avec d’autres sélectionneurs africains, comme Djamel Belmadi ou Aliou Cissé, eux aussi critiqués avant de soulever le trophée continental. Être prophète en son pays reste un défi immense, surtout dans un environnement où « tout le monde pense avoir la compétence » pour juger les choix sportifs.
Malgré tout, Renard estime que le parcours du Maroc à la CAN 2025 est déjà une réussite. « Les Marocains sont montés crescendo. Ils ont battu le Cameroun et le Nigeria. Quoi qu’il arrive, c’est une réussite », conclut-il, allant jusqu’à affirmer que, en cas de sacre, « c’est une statue qu’il faudra faire à Walid ».









