
Le parquet près le Tribunal de première instance de Rabat a requis, jeudi, des peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison ferme à l’encontre de 18 supporters sénégalais poursuivis à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc.
Au cours de l’audience, le représentant du ministère public a estimé que les prévenus avaient « délibérément voulu perturber le bon déroulement du match » et qu’ils avaient « commis des violences diffusées en direct sur des chaînes de télévision ». Des faits considérés comme graves, en raison de leur impact sur l’ordre public et de leur résonance médiatique.
Les poursuites font suite à des débordements enregistrés dans l’enceinte sportive ayant accueilli la finale. Selon l’accusation, les troubles auraient porté atteinte à la sécurité du public et perturbé l’organisation de cet événement continental suivi par des millions de téléspectateurs.
À l’issue du procès, neuf des prévenus ont été condamnés à un an de prison assorti d’une amende de 5 000 dirhams (environ 460 euros), six autres à six mois et 2 000 dirhams d’amende, et les trois derniers à trois mois et à une amende de 1 000 dirhams.
Outre les 18 ressortissants sénégalais, un ressortissant français d’origine algérienne est également poursuivi dans cette affaire. Les mis en cause sont détenus au Maroc depuis la finale. Le tribunal devra désormais se prononcer sur les réquisitions du parquet dans les prochains jours.
Notons que cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux violences dans les stades, notamment lors des grandes compétitions internationales organisées sur le territoire national.
Au-delà du judiciaire, cette affaire pourrait-elle avoir des répercussions entre Rabat et Dakar ? Les autorités sénégalaises renforceront-elles leur suivi consulaire ?
À un moment où les relations entre les deux pays sont de plus en plus étroites, ce dossier restera-t-il strictement pénal ou ouvrira-t-il la voie à des échanges diplomatiques plus larges autour de la gestion des supporters lors des grandes compétitions africaines ?
D.Y









