Maroc

Meurtre du jeune Badr : un témoignage relance totalement l’affaire

L’un des principaux accusés poursuivis dans l’affaire du meurtre du jeune Badr Bouljouahel, survenu dans le parking d’un restaurant connu à Casablanca, a provoqué un véritable séisme judiciaire en revenant sur l’ensemble de ses précédentes déclarations.

L’accusé « A.R » a affirmé, lundi, devant la chambre criminelle d’appel, que le principal mis en cause « A.S » était au volant du véhicule au moment des faits, lorsque la victime Badr Bouljouahel a été percutée.

Dans ce contexte, Fatima Zahra El Ibrahimi, avocate au barreau de Casablanca, a indiqué dans une publication sur sa page Facebook qu’un condamné en première instance à la réclusion à perpétuité, après avoir compris qu’il se trouvait à la dernière étape de la procédure d’appel, a sorti un Coran de sa poche, juré de dire la vérité, puis a fait des révélations qui ont entraîné l’effondrement total d’une version des faits sur laquelle reposaient plusieurs étapes du dossier.

L’avocate a précisé que l’accusé a déclaré sans ambiguïté qu’une avocate, non mandatée par sa famille, lui avait rendu visite en prison et l’avait convaincu, par des moyens frauduleux, de modifier ses déclarations consignées dans les procès-verbaux de la police judiciaire. Elle serait allée jusqu’à le tromper en lui affirmant qu’il ne s’agissait que d’un simple accident de la route et que l’issue du dossier serait une libération, et non une condamnation. Elle lui aurait également demandé de s’accuser lui-même afin de disculper le véritable auteur, en invoquant la position sociale de sa famille et en promettant une prise en charge financière pour régler la situation.

Selon la même source, l’accusé a étayé ses propos par un document jugé particulièrement grave : une feuille qu’il affirme avoir été rédigée de la main de cette avocate, et qu’elle lui aurait demandé de recopier, contenant un aveu explicite selon lequel il était le conducteur du véhicule impliqué dans le drame ayant coûté la vie à la victime.

Face à la gravité de ces éléments, l’avocate a demandé à la cour, sous le contrôle du procureur général présent à l’audience, d’intégrer ce document au dossier et d’ordonner la transmission du procès-verbal de l’audience au ministère public compétent, afin d’ouvrir une enquête immédiate et approfondie pour vérifier l’authenticité du document et en déterminer la responsabilité, et d’en tirer toutes les conséquences juridiques nécessaires.

Elle a conclu que, si ces faits étaient avérés, il ne s’agirait pas d’un simple dérapage individuel, mais de faits graves constituant une altération des faits, une falsification de données, une incitation à de faux aveux et à un faux témoignage, portant atteinte à la crédibilité de la police judiciaire, trompant la justice et portant un grave préjudice à la mission de la défense et à l’honneur de la profession d’avocat.

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