Casablanca : des entreprises allemandes présentent leurs nouveaux investissements au Maroc

Des entreprises allemandes ont annoncé, mercredi à Casablanca, une série de nouveaux investissements d’envergure au Maroc.
Ces investissements ont été dévoilés par les représentants de ces entreprises lors d’une rencontre organisée par l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Maroc et la Chambre Allemande de Commerce et d’Industrie au Maroc (AHK Maroc), laquelle illustre le rôle croissant du Royaume pour les entreprises allemandes comme plateforme industrielle, logistique et technologique au sein des chaînes de valeur euro-méditerranéennes.
Ainsi, Dachser a annoncé la construction d’un nouveau site logistique dans la Tanger Automotive City, sur un terrain de 75.000 m², dont l’ouverture est prévue avant la fin de 2027. Le but est d’offrir à ses clients basés au Maroc une connectivité avec l’Europe égale à celle offerte au sein du marché unique européen.
Le site comprendra, dans une première phase, un entrepôt de 20.000 m² avec espaces sous douane, avec des bâtiments certifiés selon une norme internationale de durabilité, intégrant notamment des panneaux solaires et un système de récupération et de réutilisation des eaux usées.
De son côté, le groupe Bayer investit environ 200 millions de dirhams (MDH) pour installer, entre 2026 et 2028, trois nouvelles lignes de production sur son site industriel de Nouaceur. D’ici 2028, 40 formules différentes y seront produites localement, positionnant le site comme un contributeur majeur à l’offre européenne de produits de santé familiale.
L’ambition est de permettre au site d’assurer la fabrication complète de plusieurs produits phares du portefeuille, notamment Aspirine, Rennie, ainsi que différentes gammes de compléments alimentaires. En parallèle, Bayer finalise actuellement l’installation d’une ligne dédiée aux monovitaminés.
L’usine de Nouaceur emploie actuellement 110 collaborateurs et prévoit de porter ses effectifs à 170 d’ici 2028, dans le cadre de l’extension de ses capacités industrielles. Il s’ajoute environ 50% des emplois indirects, liée aux fournisseurs, prestataires et partenaires industriels mobilisés autour du site.
S’agissant du groupe LEONI, il poursuit son expansion au Maroc à travers le lancement de plusieurs projets industriels, confirmant ainsi son engagement durable au Royaume en tant qu’acteur clé de l’écosystème automobile.
LEONI avance dans la construction de son nouveau site de production dans la région de Bouskoura et finalise la mise en opération de sa nouvelle usine à Agadir. Ce dernier investissement de 230 MDH permettra la création de plus de 3.000 emplois directs à l’horizon 2027.
Le groupe poursuit aussi le développement de son pôle industriel à Berrechid, où l’objectif est d’atteindre une capacité globale de 10.000 collaborateurs d’ici fin 2026. En parallèle, LEONI Maroc accompagne l’installation d’une nouvelle usine de câbles dans la région de Kenitra et explore de nouvelles opportunités industrielles dans la région de l’Oriental.
En total, LEONI vise la réalisation de six projets majeurs d’ici 2027, avec une augmentation significative de ses capacités, et un effectif global atteignant 23.000 collaborateurs au Maroc.
Quant à ENERGIE NOIRE, filiale d’une entreprise allemande fondée il y a plus de 40 ans, elle fournit des solutions de logiciel et ERP (Enterprise-Resource-Planning) pour les PME actives au Maroc, basées sur les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle (IA).
ENERGIE NOIRE établit actuellement deux nouveaux centres de technologie et de talents à Casablanca et à Khouribga pour y employer, jusqu’à la fin de l’année, environ 50 collaborateurs. Ces centres seront conçus pour développer des équipes hautement qualifiées dans les domaines du software engineering, des technologies cloud, du DevOps, de l’assurance qualité et des applications basées sur l’intelligence artificielle.
Sur les deux à trois prochaines années, l’ambition est de porter l’effectif à 300 à 400 collaborateurs au Maroc. Dans une deuxième phase, à partir de fin 2026, ENERGIE NOIRE lancera à Fès une académie dédiée aux jeunes talents IT, offrant des formations avancées ainsi que des cursus spécialisés pour les intégrateurs et consultants en logiciels. L’objectif est d’établir des standards pour le déploiement de solutions de digitalisation auprès des PME marocaines.
Intervenant à cette occasion, l’ambassadeur d’Allemagne à Rabat, Robert Dölger, a fait part de sa satisfaction de ces investissements majeurs qui couvrent une grande gamme de secteurs, de l’automobile et la logistique à la pharmaceutique et l’IA.
« Ces investissements témoignent du rôle clé des entreprises dans le partenariat stratégique entre le Maroc et l’Allemagne, au profit des deux pays : des emplois créés au Maroc, une intégration accélérée de l’économie du Maroc dans les chaînes de valeur européennes, et des potentiels d’expansion pour les entreprises allemandes », a-t-il dit.
« En tant que Chambre Allemande de Commerce et d’Industrie au Maroc, nous sommes fiers d’accompagner et de mettre en lumière ces investissements qui illustrent concrètement la solidité et le dynamisme des relations économiques maroco-allemandes », a souligné, de son côté, la directrice générale d’AHK Maroc, Katharina Felgenhauer.
La diversité des secteurs représentés aujourd’hui reflète l’attractivité croissante du Maroc comme destination d’investissement et confirme le rôle essentiel du secteur privé dans le renforcement d’un partenariat durable, créateur de valeur, d’emplois et d’opportunités pour les deux pays, a-t-elle fait valoir.
Actuellement, 35.000 emplois sont créés par des investissements allemands au Maroc. En outre, les échanges commerciaux entre l’Allemagne et le Maroc ont poursuivi leur progression en 2025, avec un volume du commerce bilatéral de 7,4 milliards d’euros (+10,2% en glissement annuel). Les exportations allemandes vers le Maroc se sont élevées à 3,9 milliards d’euros (+12,0 %) et les importations allemandes en provenance du Maroc ont atteint 3,5 milliards d’euros (+8,2 %).
Le Royaume figure parmi les partenaires économiques majeurs de l’Allemagne en Afrique, reflétant le positionnement croissant du Maroc comme plateforme de nearshoring, de production industrielle et de logistique régionale, notamment dans l’automobile, les équipements industriels, l’électrotechnique, la pharmacie, et les solutions software.








