
L’Observatoire marocain de la protection du consommateur a exprimé sa vive inquiétude face à la hausse vertigineuse et injustifiée des prix de la sardine dans plusieurs marchés du Royaume, en particulier à Casablanca, où le prix du kilogramme a atteint des niveaux choquants, oscillant entre 40 et 50 dirhams.
Une situation qui porte gravement atteinte au pouvoir d’achat des citoyens et au principe de justice alimentaire.
Dans un communiqué consulté par le Siteinfo, l’Observatoire souligne que la sardine, historiquement considérée comme le « poisson des classes populaires » et un aliment de base pour les ménages à revenu modeste, est en train de devenir un produit quasi luxueux.
Un constat qui met en lumière de graves dysfonctionnements dans les circuits de commercialisation et de distribution, et soulève de sérieuses interrogations quant à l’efficacité des mécanismes de contrôle, ainsi que sur les véritables bénéficiaires de cette hausse anormale des prix.
L’Observatoire estime que les justifications avancées, telles que la période de repos biologique ou la baisse de l’offre, ne sauraient en aucun cas servir de prétexte pour laisser le consommateur marocain à la merci de pratiques douteuses, notamment la rétention de marchandise, la spéculation et l’entente sur les prix entre certains intermédiaires. Cela est d’autant plus préoccupant lorsque le marché de gros devient un point de blocage où sont imposés des tarifs excessifs, qui se répercutent automatiquement sur les détaillants puis sur le citoyen.
Il insiste sur le fait que la situation actuelle porte directement atteinte à l’un des droits fondamentaux du consommateur, à savoir l’accès à une denrée alimentaire de base à un prix raisonnable. Elle constitue également une violation des principes de transparence et d’égalité des chances sur le marché, vidant ainsi de leur substance les discours sur la protection du pouvoir d’achat.
Enfin, l’Observatoire tient les autorités de tutelle pour pleinement responsables de la flambée des prix du poisson. Il appelle à l’ouverture d’une enquête urgente et sérieuse sur les circuits de commercialisation et les marges bénéficiaires, ainsi qu’au renforcement du contrôle au niveau des marchés de gros et des points de débarquement. Il avertit que la poursuite de cette situation en l’absence de mesures fermes équivaudrait à une forme de complicité indirecte à l’encontre du consommateur.








