Hausse des prix du pétrole: Le FMI appelle à réduire l’utilisation de l’énergie

Les États doivent réduire les activités utilisant le plus d’énergie et à se préparer à des « temps difficiles » si les prix du pétrole restent élevés du fait de la guerre au Moyen-Orient, a souligné, mercredi à Washington, la directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI) Kristalina Georgieva.
« Nous devons nous préparer à des temps difficiles (…) Les pays doivent prendre les mesures nécessaires pour réduire les activités utilisant le plus d’énergie. Il faut le faire dès à présent, pas attendre plusieurs semaines », a insisté Mme Georgieva lors d’une conférence de presse en marge des Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale (BM) qui se tiennent dans la capitale fédérale américaine.
« Tous les pays sont concernés, même si le choc peut être asymétrique », a affirmé la DG du FMI.
D’après le rapport Fiscal monitor sur les politiques budgétaires, publié par le FMI plus tôt dans la journée, la dette mondiale atteignait l’équivalent de 94% du PIB mondial l’année écoulée, et pourrait atteindre les 100% d’ici 2029 si aucun effort n’est fait.
« Certains pays mettent en place des mesures non ciblées, de contrôle des exportations ou de mauvaises baisses de taxes. Les intentions sont bonnes mais protéger leurs citoyens par ce type de mesures ne fera que prolonger les difficultés liées aux prix élevés », a averti Mme Georgieva.
Elle a, en outre, souligné que les banques centrales doivent se montrer prudentes « et voir comment cela va évoluer », avant de prendre d’éventuelles décisions concernant leurs taux directeurs, en particulier si les anticipations d’inflation restent ancrées.
Dans l’immédiat néanmoins, l’urgence reste la situation financière des pays, alors que le FMI comptait déjà près d’une quarantaine de programmes actifs avant même le déclenchement de la guerre.
D’ores et déjà, le Fonds a reçu « une douzaine de demandes » pour de nouveaux programmes d’aide, « un certain nombre d’entre eux de la part d’Afrique sub-saharienne », a indiqué la responsable. Ces pays « nécessitent notre attention, et sont un point important de nos discussions cette semaine sur la manière dont nous pouvons les aider au mieux face à ce monde de chocs fréquents et d’incertitude », a-t-elle ajouté.
La dette publique brute mondiale est montée à près de 94 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2025 et, à trajectoire inchangée, devrait atteindre 100 % d’ici 2029, selon la dernière édition du « Moniteur des finances publiques » publiée mercredi par le FMI.
Dans ce rapport, l’institution de Bretton Woods relève que la dynamique de la dette publique mondiale ne s’est améliorée d’aucune manière notable en 2025, et que le déclenchement du conflit au Moyen-Orient a ajouté « une nouvelle source de tension budgétaire à un paysage mondial déjà tendu ».








