Bouznika Plage : des résidents sommés d’évacuer leurs logements avant le 15 septembre

Plusieurs résidents de Bouznika Plage ont reçu des mises en demeure leur ordonnant d’évacuer les parcelles sur lesquelles sont construites leurs résidences, au plus tard le 15 septembre prochain, selon un communiqué publié par l’Association Bouznika Plage (ABP).
D’après l’association, ces mises en demeure ont été adressées par voie d’huissier à la demande de la Direction provinciale de l’Équipement de Benslimane. Elles exigeraient également que les parcelles soient remises à l’état initial avant d’être restituées au service chargé de la gestion du domaine public maritime.
Cette démarche intervient après plusieurs semaines marquées par la circulation de rumeurs concernant une éventuelle évacuation des résidences. Face à la réception effective des mises en demeure, l’ABP affirme avoir mobilisé une équipe afin de recueillir des informations et de préparer les moyens de défense des personnes concernées.
L’association rappelle que les autorisations d’occupation établies en 1994 avaient été accordées pour une durée de vingt ans renouvelable. À cette époque, soutient-elle, les résidents avaient été encouragés à investir dans l’amélioration de leurs habitations et à contribuer au développement des infrastructures de la plage.
L’ABP conteste par ailleurs l’intégration des parcelles concernées au domaine public maritime. Elle affirme avoir fait réaliser, à ses frais, une étude par un cabinet topographique, confortée par une expertise judiciaire. Selon ses conclusions, les cabanons de Bouznika Plage seraient construits sur des titres fonciers relevant du domaine privé de l’État et non du domaine public maritime.
L’association remet également en cause le tracé retenu dans le décret du 31 mai 2022 délimitant le domaine public maritime au niveau de la plage. Elle soutient que celui-ci reposerait sur un ancien tracé issu d’un accord conclu dans les années 1990 entre le ministère de l’Équipement et la société immobilière Capri, et non sur une application effective des textes réglementaires régissant cette délimitation.
Selon le communiqué, les contestations formulées par les résidents et la Direction des Domaines auraient conduit le département de l’Équipement à solliciter un arbitrage du chef du gouvernement en vue d’une éventuelle modification du tracé. L’ABP précise que cet arbitrage n’a toujours pas été rendu.
L’association déplore également les difficultés qu’elle dit rencontrer, depuis son assemblée générale extraordinaire du 31 juillet 2022, dans ses relations avec l’administration. Elle évoque notamment l’absence de récépissés après le dépôt de la liste des membres de son bureau et des modifications de ses statuts, ainsi que les obstacles rencontrés dans l’organisation de ses assemblées générales et le fonctionnement de ses comptes bancaires.
Face à cette situation, l’ABP annonce la constitution d’un réseau de conseils juridiques à Benslimane, Rabat et Casablanca afin de coordonner les démarches des résidents. Elle précise toutefois que chaque personne concernée devra engager une procédure individuellement ou avec d’autres résidents, l’association n’étant pas habilitée à représenter directement ses membres devant la justice.
Un projet de réponse aux mises en demeure doit également être proposé aux adhérents après sa préparation par les conseils juridiques de l’association. Celle-ci assure que toutes les voies légales possibles seront examinées, tout en laissant à chaque résident la liberté d’organiser sa défense.
L’ABP prévoit enfin d’adresser une lettre au ministre de l’Équipement pour lui faire part de l’incompréhension de ses membres et demander des clarifications sur la situation actuelle. Elle réaffirme sa volonté de défendre les droits qu’elle estime légitimes des résidents, parmi lesquels figurent, selon elle, de nombreux retraités ayant fait de ces logements leur résidence permanente.
H.M.








