
L’Association des barreaux du Maroc a annoncé une grève nationale avec une suspension totale des services professionnels du lundi 15 au dimanche 21 juin 2026, en signe de protestation contre des déclarations du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi.
Dans un communiqué, l’Association a indiqué qu’elle adressera un courrier au Chef du gouvernement concernant ce qu’elle qualifie de « discours accusateur et incitatif » tenu par le ministre de la Justice à l’encontre de la profession d’avocat et de ses institutions au sein du Parlement. Elle a également chargé la présidence de l’Association et celle de la mutuelle des avocats d’effectuer une sortie médiatique afin de répondre à ce qu’elle considère comme des accusations et allégations erronées.
L’Association accuse le ministre d’avoir formulé des « accusations infondées et irresponsables » à l’encontre du bureau de l’Association et des bâtonniers, tout en utilisant des qualificatifs jugés offensants envers la profession et ses membres.
Selon elle, ces déclarations s’inscrivent dans une série de prises de parole répétées au cours desquelles le ministre aurait dépassé les limites du respect dû à la profession d’avocat, à ses praticiens, à son rôle ainsi qu’à ses institutions et représentants.
Le bureau de l’Association a exprimé sa vive condamnation de ces propos, estimant qu’ils traduisent une volonté de minimiser le rôle de l’avocat et de ternir son image auprès de l’opinion publique à travers un discours qu’il juge trompeur et accusateur. Il considère également que ces déclarations visent à justifier les choix unilatéraux adoptés dans le cadre du chantier de réforme de la profession.
L’Association souligne par ailleurs que les accusations formulées par le ministre au sein même du Parlement, sans respect des règles de courtoisie institutionnelle et du dialogue responsable, sont jugées provocatrices et inacceptables. Elle estime qu’elles cherchent à perturber les efforts de plaidoyer qu’elle mène pour défendre les valeurs et les principes de la profession.
Enfin, l’Association des barreaux du Maroc qualifie les déclarations du ministre de la Justice de « campagne agressive, continue et orchestrée médiatiquement », estimant qu’elles ne traduisent aucune volonté de concertation ni de recherche de consensus.
N.M.








