
Houcine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz, a indiqué que le prix du baril de Brent est passé de 73 dollars au début de la guerre, le 28 février, à 114 dollars ce vendredi 27 mars 2026, soit une hausse de 56 %.
En parallèle, le prix de la tonne de gasoil est passé de 730 dollars à près de 1.400 dollars, soit une augmentation de 92 %.
Dans une déclaration à Le Site info, El Yamani a expliqué que ces chiffres montrent clairement que le marché des produits énergétiques raffinés a évolué presque deux fois plus rapidement que celui du pétrole brut, ce qui constitue, selon lui, un indicateur révélateur de l’importance et de la rentabilité des activités de raffinage pétrolier.
Il a ajouté que le prix du litre de pétrole brut sur le marché international a atteint 6,7 dirhams, tandis que celui du litre de gasoil s’élève à 10,93 dirhams. L’écart entre les deux atteint ainsi 4,23 dirhams par litre. En considérant que la consommation nationale annuelle de gasoil avoisine les 7 milliards de litres, cet écart représenterait près de 30 milliards de dirhams, sans compter les autres produits issus du raffinage (essence, fioul, carburant aérien, bitume…). Une équation qui, selon lui, met en évidence les limites des arguments opposés au maintien de l’activité de raffinage au Maroc et à la fermeture de la Samir.
El Yamani a également souligné que la guerre en cours au Moyen-Orient, dont l’issue reste incertaine, ainsi que les conséquences de la guerre russo-ukrainienne, les perturbations du transport maritime et les séquelles de la Covid-19 imposent une mobilisation collective pour élaborer une stratégie nationale claire visant à renforcer la souveraineté énergétique du pays.
Il a par ailleurs précisé que si le prix du litre de gasoil atteint actuellement environ 11 dirhams sur le marché international, il pourrait avoisiner les 18 dirhams sur le marché marocain, une fois ajoutés les coûts de transport, les taxes (environ 5 dirhams) et les marges des distributeurs (près de 2 dirhams). Un niveau de prix jugé incompatible avec le pouvoir d’achat de la majorité des Marocains.
Enfin, le responsable a appelé à revenir sur la libéralisation des prix des carburants, à encadrer les marges des distributeurs, et à réduire, voire suspendre temporairement, les taxes sur les carburants, à l’instar de plusieurs pays, notamment européens, en attendant la fin de la crise internationale actuelle.
K.Z. (avec N.M.)








