Maroc

Législatives 2026 : la mobilité à Casablanca-Settat au cœur des attentes des citoyens

Par LeSiteinfo avec MAP

Temps de trajet, fréquence et ponctualité des transports, congestion routière, coût des déplacements, desserte des territoires… A Casablanca-Settat, la mobilité s’impose au quotidien comme une préoccupation majeure pour des millions d’usagers, mais aussi pour les professionnels et les acteurs économiques.

A l’approche des Législatives, ces préoccupations prennent une résonance particulière et se traduisent par autant d’attentes auxquelles les partis politiques sont appelés à apporter des réponses concrètes.

De Casablanca à Settat, en passant par Mohammedia, Berrechid ou El Jadida, les besoins diffèrent selon les territoires et les catégories d’usagers, mais convergent vers une même aspiration : disposer d’une mobilité plus fluide, accessible, régulière et mieux adaptée aux réalités quotidiennes et économiques de la région.

Pour Abdelghani Youmni, économiste et spécialiste des politiques publiques, la mobilité et le transport doivent occuper « une place centrale » dans les programmes des partis politiques.

La région Casablanca-Settat concentre, rappelle-t-il, plus de 20% de la population nationale, avec près de 7,7 millions d’habitants, et contribue à hauteur de 32,2% au PIB national.

« La mobilité constitue ainsi un véritable enjeu de pouvoir d’achat, d’égalité territoriale et de compétitivité économique », relève M. Youmni dans une déclaration à la MAP, estimant que la congestion agit comme une « taxe invisible » qui pénalise la productivité des entreprises et réduit l’efficacité économique de la métropole.

Pour l’économiste, l’expérience de grandes métropoles internationales montre justement que les réseaux ferroviaires métropolitains et l’intermodalité peuvent constituer des leviers majeurs pour rapprocher les bassins de vie des bassins d’emploi.

Casablanca-Settat gagnerait, selon lui, à s’inscrire dans cette logique en faisant de l’accessibilité métropolitaine un facteur de compétitivité.

Les partis politiques sont ainsi appelés, explique-t-il, à dépasser les promesses pour prendre des engagements clairs et précis autour de trois priorités : accélérer le développement d’un véritable réseau de transport métropolitain et régional, assurer une meilleure articulation entre train, tramway, Busway, bus et taxis, et renforcer les connexions entre Casablanca et les principaux pôles économiques, résidentiels, portuaires et aéroportuaires de la région.

De l’avis de M. Youmni, il faut également faire de la mobilité collective « un pilier de la transition énergétique », dans un pays où le transport représente près de 38% de la consommation d’énergie finale et demeure très largement dépendant des énergies fossiles.

Le développement du tramway et des bus devrait ainsi s’accompagner, explique-t-il, d’une électrification progressive des transports collectifs, mais surtout d’une intermodalité effective permettant à l’usager de passer facilement d’un mode de transport à l’autre.

L’objectif serait de favoriser progressivement des transports collectifs fiables, accessibles et compétitifs, tout en réduisant les externalités liées à la congestion, à la pollution et aux pertes de productivité.

Sur le terrain, les attentes exprimées au micro de la MAP à l’approche de cette échéance électorale traduisent ces préoccupations, tout en étant davantage ancrées dans le quotidien : fréquence des transports, ponctualité, organisation, coût ou encore fluidité de la circulation.

Zakaria, employé, espère ainsi que les prochaines années apporteront une amélioration du transport et de son organisation, notamment en matière d’horaires et de digitalisation.

« Nous voulons davantage de moyens de transport, mais aussi de la qualité et pas de l’anarchie », résume-t-il, rappelant que les grands rendez-vous qui attendent le Royaume rendent ces améliorations d’autant plus nécessaires.

Farida, retraitée, porte un regard positif sur les évolutions en cours, tout en espérant de nouvelles améliorations en matière de transport. « Les choses vont bien, mais nous voulons un gouvernement qui nous fasse avancer davantage », confie-t-elle, souhaitant que tout soit à la hauteur à l’horizon de la Coupe du monde 2030.

Pour Abderrahmane, chauffeur professionnel, les priorités sont ailleurs mais tout aussi quotidiennes. Il cite notamment la cherté des carburants, la congestion routière et le recours aux applications de transport non autorisées : autant de dossiers pour lesquels il attend des réponses des futurs élus.

A Mohammedia, Fatimazahra, auto-entrepreneure, porte un regard plus nuancé. Elle relève les efforts importants déjà consentis pour développer les infrastructures et améliorer la connexion de la ville avec son environnement, dans le cadre des grands projets portés par la Vision de SM le Roi.

Elle attend néanmoins des partis politiques et du futur gouvernement qu’ils proposent des solutions innovantes aux difficultés qui subsistent.

A Settat, Yassine, étudiant universitaire, attire l’attention sur les difficultés de transport auxquelles sont confrontés les étudiants, particulièrement ceux issus de milieux modestes. Il évoque des bus souvent sous pression et des lignes qui, selon lui, ne tiennent pas suffisamment compte des zones où les besoins sont les plus importants.

Il attend ainsi des « solutions réalistes », notamment à travers l’augmentation du nombre de bus, une meilleure organisation des lignes et la desserte des zones les plus éloignées.

A quelques jours des Législatives, la mobilité s’invite ainsi dans le débat électoral au plus près du quotidien des citoyens. Reste à savoir dans quelle mesure les réponses proposées par les partis sauront se traduire, demain, par des changements perceptibles sur le terrain.

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