Ministère de la Santé: 6,5 millions de Marocains souffrent de troubles de santé mentale

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a présidé ce jeudi matin à Rabat la cérémonie de lancement officiel du Plan national de santé mentale 2030, qui constitue un cadre de référence national visant à promouvoir la santé mentale, prévenir les troubles psychiques, améliorer l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge, ainsi qu’à renforcer la réhabilitation et la réinsertion sociale.
Le lancement de ce plan intervient dans un contexte marqué par d’importants défis en matière de santé mentale. Quelque 6,5 millions de Marocains souffrent de troubles de santé mentale, dont deux millions d’enfants et de jeunes, tandis que 85 % d’entre eux ne bénéficient pas des soins dont ils ont besoin.
Ce plan traduit une nouvelle approche, plus globale et intégrée, de la santé mentale. Celle-ci repose sur le renforcement de la prévention et du dépistage précoce, parallèlement aux soins et à l’accompagnement continu tout au long du parcours de prise en charge, avec une attention particulière accordée aux enfants, aux jeunes et aux personnes en situation de vulnérabilité.
Le plan prévoit également de rapprocher les services de santé mentale des citoyennes et des citoyens, en renforçant le rôle des structures de soins de santé primaires et des structures intermédiaires, tout en améliorant leur intégration et leur coordination avec les établissements hospitaliers et les services spécialisés. Il prévoit également une organisation territoriale davantage adaptée aux besoins des populations.
À l’horizon 2030, le plan ambitionne d’augmenter significativement les capacités d’accueil des services de santé mentale. Le nombre de lits devrait ainsi passer de 2.466 à environ 4.728, tandis que le nombre d’hôpitaux psychiatriques passerait de 10 à 17 et celui des structures intermédiaires de 4 à 24. L’objectif est ainsi de garantir une offre de services de santé mentale dans l’ensemble des régions du Royaume.
Le plan accorde par ailleurs une attention particulière au renforcement des ressources humaines. Le nombre de psychologues dans le secteur public devrait passer de 32 à 786, tandis que la capacité annuelle de formation des médecins spécialistes en psychiatrie sera portée de 36 à 124. Celle des infirmiers spécialisés en santé mentale passera, quant à elle, de 490 à 750 par an. Le ministère prévoit également de mettre en place un cadre juridique régissant la profession de psychologue.
La mise en œuvre du Plan national de santé mentale 2030 bénéficiera d’un financement de près de 4 milliards de dirhams afin d’accompagner le déploiement des différentes mesures et actions programmées.
Élaboré par le ministère de la Santé et de la Protection sociale selon une approche participative, le Plan national de santé mentale 2030 a mobilisé 13 départements gouvernementaux ainsi que les différents acteurs concernés, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le plan repose sur trois axes stratégiques et quatre conditions-cadres, regroupant au total 86 actions et mesures destinées à améliorer l’accès aux services de santé mentale, à renforcer la continuité de la prise en charge et à améliorer la qualité des services proposés.
À cette occasion, le ministre de la Santé et de la Protection sociale a souligné que le lancement du Plan national de santé mentale 2030 constitue une étape importante dans la poursuite de la réforme du système national de santé, conformément aux Hautes Orientations Royales de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, qui placent la préservation de la dignité, la garantie de l’équité et l’amélioration de la qualité des services de santé parmi les priorités fondamentales.
« Ce plan vise à répondre à une réalité qui nous impose de renforcer nos efforts dans le domaine de la santé mentale. Quelque 6,5 millions de Marocains souffrent de troubles de santé mentale et la grande majorité d’entre eux reste encore en dehors du système de soins. À travers ce plan, nous œuvrons à intervenir plus tôt, à renforcer les capacités d’accueil et les ressources humaines et à améliorer l’accompagnement des personnes à toutes les étapes de leur prise en charge, afin d’élargir l’accès aux services de santé mentale et de les rendre accessibles à tous à l’horizon 2030 », a déclaré Amine Tahraoui.
À travers le Plan national de santé mentale 2030, le ministère de la Santé et de la Protection sociale réaffirme ainsi son engagement à faire de la santé mentale une composante essentielle et pleinement intégrée du système national de santé, tout en développant une réponse plus proche, plus humaine et mieux adaptée aux besoins des citoyennes et des citoyens.








