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MAS de Fès : le cinquième sacre n’a jamais été aussi proche (Chronique)

Par Omar Chlyah
Banquier et passionné de sport

Éclipsée par la Coupe du monde pour des raisons évidentes, la Botola Pro offre néanmoins un niveau respectable cette saison et un suspense total à cinq journées de la fin. Cinq équipes peuvent toujours aller chercher le graal : l’ASFAR, le MAS, la RSB, le Raja et le WAC. Le fait marquant cette saison n’est autre que la renaissance du MAS au grand bonheur de ses fans et supporters dont je fais partie depuis mon jeune âge, influence paternelle oblige. Toutes les carences chroniques mentionnées dans mon article de mars 2018 intitulé

«Le MAS de Fès, entre espoir et désillusion» ont été résorbées de fort belle manière. En théorie, la recette est simple mais son application a demandé une véritable prise de conscience de la part des dirigeants et qui a logiquement mené à une métamorphose du club. Pour rappel, le MAS est le quatrième club le plus titré au Royaume avec 4 titres de champion et 3 trophées en Coupe du Trône.

Toutefois, le dernier titre de champion de la Botola remonte à 1985 (il y a 41 ans ) sous les ordres de feu Knayer, l’entraîneur emblématique de l’équipe de la capitale spirituelle. Une éternité ! Il est vrai qu’une jolie parenthèse s’était ouverte en 2011 et 2012 où le MAS avait réussi un triplé inédit sous la houlette de Rachid Taoussi : la Coupe du trône, la Coupe de la CAF et la Supercoupe d Afrique remportée aux tirs aux buts face à la redoutable équipe de l’Espérance de Tunis.

Depuis, le néant abyssal, hormis un autre sacre en Coupe du trône en 2016 alors que l’équipe évoluait en deuxième division ! Et pourtant, aujourd’hui, le rêve de redevenir champion devient désormais de plus en plus plausible. Le succès du MAS cette saison est à mettre à l’actif de plusieurs facteurs :

1- La nouvelle organisation du club, notamment à travers la création de la SA du MAS et la nomination de Omar Bennis en tant que président. Ceci a permis d’offrir une bonne gouvernance et une transparence totale des comptes.

2- Les moyens financiers importants investis pour redresser la situation, éponger les dettes et assurer le paiement, dans les délais, des salaires, primes et toutes les charges d’exploitation.
La coquette somme de 80 millions de dirhams a été injectée par TGCC, actionnaire majoritaire.

3- La rénovation du Grand Stade de Fès avant l’organisation de la CAN et l’explosion de la billetterie grâce à l’afflux massif des supporters. En effet, quand le MAS gagne, les supporters n’hésitent plus à venir encourager leur équipe.

4- L’arrivée d’un coach espagnol chevronné en la personne de Pablo Franco Martin. Ce dernier a eu de nombreuses expériences concluantes en Afrique et au Moyen-Orient. L’efficacité de son style de jeu repose sur une organisation défensive solide, un pressing haut et une transition rapide vers l’attaque.

5- La présence d’excellents joueurs dont le gardien Chihab, auteur d’un grand nombre d’arrêts décisifs cette saison, du poumon de l’équipe au milieu, Hermach, sans parler de l’avant-centre Soufiane Benjdida, qui a été formé à l’Académie Mohamed VI et qui est passé par le Standard de Liège et Molenbeek. Hormis ses 17 réalisations qui le placent en tête des buteurs de la Botola, Benjdida a réussi à planter des buts somptueux dont des demi-volées dont il a le secret.

Il ne faut pas oublier non plus le but venu d’ailleurs de Driss El Jabali sous forme de coup du foulard spectaculaire marqué depuis l’extérieur de la surface en pleine lucarne face au WAC il y a deux mois. Ce but a fait le tour de l’ensemble des médias internationaux et est déjà pressenti pour le prix Puskas du plus beau but de l année. Pour conclure, l’objectif du club à moyen terme, fixé par ses dirigeants, est de remporter le titre dans trois ans. Mais force est de constater qu’à cinq journées de la fin de la compétition, le MAS est leader provisoire avec un total de 49 points : 13 victoires, 10 matchs nuls et 2 défaites seulement. Donc oui, le MAS se rapproche peut être de son cinquième titre de champion, 41 ans après le dernier ! J’avais 5 ans !! Ce serait tout simplement fantastique !

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