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Grand Prix Hassan II: les leçons d’une édition mémorable

Les connaisseurs de la petite balle jaune ont profité d’une très belle semaine de tennis de qualité. Le tournoi, de catégorie ATP 250, a été remporté par le jeune prodige espagnol Rafa Jodar, aux dépens du vétéran argentin Marco Trungelliti.

Jodar a été particulièrement époustouflant en demi-finale et en finale, où il n’a concédé que huit petits jeux. Le public a peut-être assisté à la naissance d’un futur grand champion. Âgé de 19 ans et mesurant 1,91 m, l’Espagnol possède tout l’arsenal nécessaire pour briller sur le grand circuit.

En effet, il dispose d’un service puissant et se montre très à l’aise des deux côtés, en coup droit comme en revers. On a pu admirer des coups droits ultra rapides, certes moins liftés que ceux de Carlos Alcaraz, ainsi que des revers long de ligne à deux mains parfaitement exécutés. Le seul bémol reste sa défense, encore perfectible, dans la mesure où des joueurs du Top 20 peuvent encore le déborder.

Au vu de ses performances, il est tout à fait envisageable que Rafa Jodar intègre le Top 20 mondial d’ici la fin de la saison.

Quant au finaliste, il a été la grande surprise de cette édition. Trungelliti est parvenu à sortir des qualifications avant d’enchaîner quatre victoires dans le tableau principal, dont une très belle performance face à Luciano Darderi, tenant du titre et 19e joueur mondial, en demi-finale.

Il convient de souligner que l’Argentin est le joueur le plus âgé à intégrer le Top 100 depuis 50 ans. Il est également le plus vieux joueur de l’histoire à atteindre sa première finale à 36 ans.

Côté marocain, et conformément à ce qui avait déjà été évoqué dans mon article « Vers une renaissance du tennis marocain » du 26/12/2025, de grandes satisfactions sont à noter. Cela faisait une éternité qu’un joueur marocain n’avait pas atteint les huitièmes de finale. C’est désormais chose faite, et avec la manière, grâce à Karim Bennani et Taha Baadi.

Classés respectivement 775e et 560e mondiaux avant le tournoi, ils ont réalisé l’exploit de battre Quentin Halys et Aleksandar Vukic, respectivement 89e et 87e mondiaux. Une performance remarquable.

Karim Bennani a donné du fil à retordre à Yannick Hanfmann, 55e joueur mondial, en huitièmes de finale, ne s’inclinant que sur le score serré de 6-4, 6-7, 6-2.

Quant à Reda Bennani, il n’était pas loin non plus de créer l’exploit face à Mattia Bellucci au premier tour. Le jeune Marocain a livré un gros combat, finalement perdu 6-4 dans le troisième set, après avoir obtenu deux balles pour revenir à 5-5.

Le seul regret côté marocain reste l’absence de Yassine Dlimi, empêché de se rendre au Maroc en raison de ses engagements avec son université américaine. Ce n’est que partie remise, puisqu’il vient d’achever ses études et pourra désormais se consacrer pleinement au circuit professionnel.

Enfin, il ne faut pas oublier la belle performance en double de Younes Lalami, qui a atteint les demi-finales après avoir éliminé la tête de série numéro un dès le premier tour.

Cette semaine a fait de nombreux heureux. Une pensée particulière va à Hicham Arazi, qui a assuré une organisation remarquable en tant que directeur du tournoi et qui se réjouit des performances de ses joueurs.

En poursuivant ce travail de fond, avec le soutien de la Fédération, le capitaine de l’équipe nationale de Coupe Davis a de belles perspectives pour replacer le tennis marocain sur le devant de la scène internationale.

Par Omar Chlyah

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