Coupe du monde 2026 : la FIFA pourrait-elle retirer des matchs au Mexique ?

À moins de quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, le doute s’installe. Une question, jusque-là impensable, commence à circuler dans les cercles sportifs et diplomatiques : la FIFA pourrait-elle retirer des matchs au Mexique en raison de la situation sécuritaire ?
Co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, le Mondial 2026 prévu du 11 juin au 19 juillet s’annonce historique : 48 équipes, trois pays hôtes et une organisation sans précédent. Mais à l’approche du rendez-vous planétaire, une montée des violences dans l’ouest du Mexique vient assombrir le tableau.
Une vague de violences qui inquiète
Fin février, une opération militaire visant Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », chef du cartel CJNG (Jalisco New Generation), a marqué un tournant. Le leader criminel a été tué lors de cette intervention, déclenchant une série de représailles violentes.
Dans les jours qui ont suivi, plusieurs États, dont le Jalisco, ont été le théâtre de barrages routiers, d’incendies de véhicules et d’affrontements armés. Les images de routes bloquées et de scènes de chaos ont rapidement circulé, ravivant les inquiétudes quant à la stabilité du pays à quelques semaines de la coupe du monde.
Certaines rencontres locales ont même été perturbées, renforçant les interrogations sur la capacité des autorités à garantir un climat sécurisé d’ici juin.
Par ailleurs, le Mexique doit accueillir 13 matchs répartis entre Mexico City, Guadalajara et Monterrey. Le pays s’apprête à entrer dans l’histoire en devenant le premier à organiser trois Coupes du monde, après 1970 et 1986 un symbole fort pour une nation passionnée de football.
La FIFA est-elle sous pression ?
Pour l’heure, la FIFA n’a annoncé aucune modification du calendrier. Les matchs prévus au Mexique sont officiellement maintenus.
En coulisses toutefois, la situation est scrutée avec attention. La sécurité des équipes, des délégations officielles et des millions de supporters attendus constitue une priorité absolue. Si la situation venait à se détériorer durablement, la FIFA dispose théoriquement de la possibilité de relocaliser certaines rencontres vers les États-Unis ou le Canada.
En effet,une telle décision serait exceptionnelle. Elle impliquerait une réorganisation logistique majeure, une renégociation contractuelle avec les partenaires commerciaux et diffuseurs, ainsi qu’un impact diplomatique considérable pour le pays hôte.
Entre vigilance et prudence
À ce stade, aucun retrait officiel n’est envisagé. Mais l’équation reste fragile. L’organisation d’un Mondial ne se limite pas aux infrastructures : elle repose avant tout sur la garantie d’un environnement stable et sécurisé.
Le compte à rebours est lancé. D’ici juin, l’évolution de la situation sécuritaire sera déterminante. En attendant, le monde du football observe avec attention un pays qui joue, cette fois, un match bien plus important que ceux programmés sur ses pelouses.
D.Y







