Maroc

Aide aux transporteurs : colère syndicale après une réduction de 40 % du soutien

La coordination syndicale du secteur des taxis a vivement dénoncé la décision « soudaine » du gouvernement de réduire d’environ 40 % le montant de l’aide accordée aux professionnels du transport routier, estimant que cette décision a été prise sans notification préalable ni explication officielle concernant ses motifs et les critères retenus pour son calcul.

Dans un communiqué de protestation, la coordination syndicale, composée de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) et de la Confédération démocratique du travail (CDT), a également souligné que le plus préoccupant réside dans le fait que cette réduction n’avait pas été annoncée lors de l’ouverture de la plateforme de demande d’aide, lancée le 6 août 2026 pour la deuxième quinzaine du mois de juillet, soit la période allant du 16 au 31 juillet 2026. Les professionnels n’avaient alors été informés d’aucune modification du montant de l’aide ni des critères de son calcul.

Selon le même communiqué, consulté par « Cité Info », la période correspondant à la deuxième quinzaine du mois d’août, du 16 au 31 août 2026, n’a toujours pas été ouverte à ce jour. Les professionnels du transport attendent également le règlement des aides relatives à l’intégralité du mois de juin ainsi qu’à la première quinzaine de juillet.

Face à cette situation, la coordination syndicale s’interroge sur les modalités de gestion de ce dossier, notamment dans un contexte marqué par la persistance de la hausse des prix des carburants. Elle estime qu’aucune justification convaincante ne permet d’expliquer cette réduction soudaine, alors que les prix des carburants au Maroc demeurent à des niveaux jugés excessivement élevés au regard de l’évolution des cours du pétrole sur les marchés internationaux.

La coordination rappelle par ailleurs que l’aide exceptionnelle mise en place par le gouvernement ne constituait ni une faveur ni un privilège accordé aux professionnels, mais qu’elle était la conséquence directe des préjudices subis par les transporteurs en raison de la hausse importante et continue des prix des carburants.

Dans ce contexte, toute modification ou réduction soudaine de cette aide, sans concertation ni préavis, constitue, selon les syndicats, un mépris des intérêts de milliers de professionnels et de leurs familles. Une telle décision est également de nature à aggraver la tension et le mécontentement qui règnent dans le secteur.

Le communiqué estime en outre que le fait de modifier le montant de l’aide après le lancement de la procédure de demande porte atteinte aux principes de clarté, de transparence et d’égalité des chances, tout en alimentant davantage le climat de colère qui prévaut actuellement dans le secteur.

La coordination syndicale s’étonne également que cette décision intervienne alors que l’actuel gouvernement approche de la fin de son mandat. Elle s’interroge ainsi sur le point de savoir si de telles décisions pourraient délibérément pousser les professionnels du transport à la protestation et à l’escalade, en laissant les problèmes et les tensions à la charge du prochain gouvernement.

Si tel était le cas, la coordination considère qu’il s’agirait d’une attitude «irresponsable et à courte vue», incompatible avec la gestion d’un dossier à la fois social et économique qui concerne une large frange des citoyens et des professionnels. Elle souligne que les gouvernements sont jugés sur les décisions qu’ils prennent et qu’il n’est pas acceptable de reporter les crises et les tensions sur leurs successeurs.

Dans ce contexte, la coordination syndicale du secteur des taxis exige le retrait immédiat de la réduction de 40 % et le rétablissement du montant de l’aide à son niveau antérieur. Elle demande également que les bases et les critères ayant conduit à cette réduction soient clairement et publiquement dévoilés.

Elle réclame par ailleurs le versement de l’ensemble des aides en suspens, notamment celles relatives au mois de juin, à la première quinzaine de juillet ainsi qu’au montant réduit correspondant à la deuxième quinzaine de ce même mois.

Les syndicats demandent également l’ouverture, dans les plus brefs délais, de la plateforme de demande d’aide pour la deuxième quinzaine d’août, afin de ne pas maintenir les professionnels dans l’incertitude et l’attente, tout en appelant le gouvernement à fournir des explications officielles sur la situation.

La coordination syndicale appelle en outre les exploitants à respecter leurs obligations et à assumer leur responsabilité morale en reversant les aides aux chauffeurs qui travaillent effectivement sur les véhicules, sans porter atteinte à leurs droits légitimes.

Elle exige enfin que soient clarifiées les raisons de cette décision soudaine ainsi que les responsabilités politiques et administratives dans sa prise. Elle appelle également à l’adoption d’une véritable approche participative avec les représentants des professionnels du transport avant toute décision susceptible d’affecter les aides ou la situation économique et sociale du secteur.

En conclusion, la coordination syndicale du secteur des taxis appelle l’ensemble des organisations syndicales et professionnelles du transport routier au Maroc à unifier leurs rangs et à examiner d’urgence et de manière responsable cette évolution qu’elle qualifie de préoccupante.

Elle les invite à adopter une position commune pour défendre les droits et les intérêts des professionnels, estimant que la situation exige « unité et vigilance » face à ce qu’elle qualifie de « dérive du gouvernement ». La coordination affirme enfin ne pas exclure le recours à toutes les formes de mobilisation légitimes pour défendre la dignité des professionnels et leurs intérêts.

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