Le Maroc renforce la lutte contre la fraude aux examens du permis de conduire

L’Observatoire national du transport routier a annoncé que l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) s’oriente vers un renforcement des dispositifs de lutte contre la fraude lors de l’examen théorique du permis de conduire. Cette initiative intervient après le lancement d’un appel d’offres portant sur la location d’équipements de pointe destinés à détecter passivement les signaux sans fil, dans un contexte marqué par la multiplication des tentatives de triche à l’aide de technologies sophistiquées.
Selon les documents de l’appel d’offres, relayés par l’Observatoire sur sa page Facebook, la NARSA mise sur un système capable de repérer les téléphones portables, les cartes SIM intermédiaires dites « cartes VIP », les oreillettes miniatures fonctionnant via Bluetooth ou induction magnétique, ainsi que les différents dispositifs de transmission sans fil utilisés pour frauder. Le tout devra fonctionner en temps réel, sans brouiller les communications ni intercepter leur contenu, conformément à la réglementation en vigueur sur les communications électroniques.
Le projet repose sur un principe de « détection passive », permettant d’analyser toute activité radioélectrique inhabituelle dans les salles d’examen sans se connecter directement aux réseaux de télécommunication. Les équipements devront couvrir les principales fréquences utilisées au Maroc et détecter les signaux émis par les réseaux de deuxième et troisième génération (2G et 3G). Ils devront également identifier la nature des signaux, estimer leur provenance et distinguer ceux provenant de l’extérieur des salles d’examen de ceux émis à l’intérieur.
En cas de détection d’une activité suspecte, le système devra déclencher des alertes sonores et visuelles dans un délai maximal d’une minute. Chaque incident sera enregistré électroniquement avec son horodatage précis. Les surveillants pourront en outre localiser le candidat concerné jusqu’à son numéro de place ou à la salle où il compose, tout en limitant au maximum les fausses alertes.
Le projet ne se limite pas à la mise à disposition d’appareils compacts et facilement transportables. Il prévoit également la création d’une plateforme centrale de supervision permettant de suivre en temps réel l’ensemble des centres d’examen du Royaume, de consulter les alertes, les statistiques et l’historique des incidents. Cette plateforme devra répondre à des normes élevées de cybersécurité, notamment grâce au protocole HTTPS et à l’authentification à deux facteurs, avec un taux de disponibilité opérationnelle d’au moins 98 %.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté de renforcer la digitalisation du contrôle des examens du permis de conduire, alors que les tentatives de fraude via des outils technologiques modernes sont en constante progression. Pour la NARSA, ces pratiques portent atteinte à la crédibilité des examens ainsi qu’aux exigences de la sécurité routière.
Ce projet soulève toutefois plusieurs interrogations. Ce nouveau dispositif permettra-t-il réellement de réduire la fraude ou les méthodes de triche évolueront-elles pour contourner ces technologies de détection ? Ces mesures seront-elles accompagnées d’un renforcement de la formation et du contrôle humain dans les centres d’examen, ou l’accent sera-t-il mis essentiellement sur les solutions techniques ? Enfin, la NARSA parviendra-t-elle à généraliser ce système à l’ensemble des centres d’examen et à garantir son efficacité ainsi que sa pérennité à l’échelle nationale ?
L’Observatoire national du transport routier conclut que ces questions demeurent ouvertes, dans l’attente de la mise en œuvre effective du projet et de l’évaluation de son impact sur l’intégrité des examens du permis de conduire au Maroc.








