
À quelques jours seulement de la célébration de l’Aïd al-Adha, le marché des viandes rouges au Maroc traverse une zone de fortes turbulences. Une hausse notable des prix de la viande ovine a été constatée dans plusieurs régions du Royaume, provoquant l’indignation des ménages dont le pouvoir d’achat est déjà sous pression.
La situation actuelle se caractérise par des écarts de prix spectaculaires selon les zones géographiques :
- Dans les grandes agglomérations : Le kilogramme de viande ovine se négocie actuellement dans une fourchette haute, oscillant entre 130 et 150 dirhams.
- Dans la région de Béni Mellal-Khénifra : Les tarifs restent nettement plus accessibles, se situant entre 80 et 85 dirhams le kilo.
Cette fragmentation du marché surprend tant les observateurs que les consommateurs, mettant en lumière des dynamiques d’approvisionnement locales très différentes.
Selon les professionnels du secteur interrogés par Le Site info, cette envolée des prix s’explique par une réduction de l’offre dans les abattoirs. En cette période pré-estivale, une grande partie du cheptel est réservée pour la vente directe aux particuliers pour le sacrifice de l’Aïd, créant ainsi une rareté relative pour la consommation quotidienne immédiate.
Concernant spécifiquement les moutons destinés au sacrifice, la situation est plus nuancée. Bien que l’offre soit jugée abondante grâce aux récentes précipitations et aux mesures de soutien de l’État pour la préservation du cheptel, l’affluence dans les souks reste pour l’instant timide. Cette faible demande initiale rend la fixation d’un prix définitif difficile, entraînant une instabilité quotidienne des tarifs des ovins sur pied, qui oscillent entre légères baisses et reprises en attendant le pic de la demande.
En d’ajouter que, si la disponibilité des bêtes est garantie par les autorités et les conditions climatiques récentes, le coût final pour le consommateur reste le point de friction majeur de cette saison.
D.Y








