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Hantavirus: les explications d’un médecin marocain

Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, a indiqué que le virus « Hanta », apparu récemment à bord d’un navire de croisière dans l’océan Atlantique et ayant causé la mort de trois personnes, appartient à la famille des Hantaviridae. Son réservoir naturel est constitué des rongeurs, notamment les rats et les souris.

Dans une déclaration accordée à Le Site info, il a expliqué que le virus se transmet principalement par inhalation de particules contaminées provenant des excréments de rongeurs, ou par contact direct avec des plaies cutanées, et plus rarement par morsure.

Le spécialiste a précisé que la transmission entre humains reste très faible, voire quasi inexistante, à l’exception de certaines souches rares en Amérique du Sud, notamment la souche des Andes. Selon lui, cela réduit considérablement le risque d’une pandémie mondiale à l’heure actuelle, sauf en cas d’évolution du virus à travers des mutations lui permettant de se transmettre plus facilement entre humains à l’avenir.

Concernant les cas recensés à bord du navire de croisière, Hamdi a expliqué que ce type de propagation est généralement lié à un « foyer environnemental », notamment une contamination provenant des rongeurs présents dans les espaces de stockage, et non à une transmission en chaîne entre passagers. Il a toutefois précisé que sept cas ont été recensés jusqu’à présent, dont deux confirmés et cinq suspects, avec trois décès, un cas critique et trois autres cas dans un état stable.

Le chercheur estime que les deux premiers cas pourraient être liés à une escale du bateau, tandis que les investigations se poursuivent afin de déterminer s’il y a eu une transmission interhumaine à bord.

Au sujet des symptômes, il a indiqué que la maladie débute généralement par de la fièvre, de fortes douleurs musculaires, notamment au dos et aux cuisses, ainsi qu’une fatigue intense et des maux de tête. Dans les formes avancées, elle peut provoquer une détresse respiratoire aiguë ou une insuffisance rénale sévère.

Selon lui, le taux de mortalité peut atteindre 50 % des cas infectés, même si la faible transmission entre humains réduit considérablement le risque de propagation à grande échelle. Il a également rappelé qu’aucun vaccin homologué n’existe actuellement contre ce virus.

Enfin, Tayeb Hamdi recommande d’éviter de balayer à sec les excréments de rongeurs afin de ne pas disperser le virus dans l’air, et préconise l’utilisation de désinfectants liquides comme l’eau de Javel, ainsi qu’une bonne aération des espaces fermés avant leur nettoyage.

H.M.

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