Le PJD intensifie ses critiques contre le gouvernement Akhannouch

À l’approche du dernier virage avant les élections législatives de 2026, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) accentue sa critique de l’exécutif. Après une séance particulièrement tendue au Parlement, la direction du parti a poursuivi son offensive ce mercredi lors d’une sortie médiatique au ton offensif.
L’offensive ne se limite plus à l’hémicycle. Ce mercredi 22 avril 2026, au siège central du parti à Rabat, les ténors du PJD se sont réunis pour livrer une analyse jugée « chirurgicale » du bilan gouvernemental. Cette conférence de presse, organisée au lendemain de l’intervention du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch devant les députés, visait à « rétablir la vérité », face à ce que l’opposition qualifie de « propagande d’État ».
Un « bilan promotionnel » jugé éloigné des réalités
Le PJD critique une présentation qu’il estime essentiellement « cosmétique ». Le parti accuse le gouvernement de mettre en avant des indicateurs macroéconomiques jugés déconnectés de la réalité sociale, alors que le pouvoir d’achat des Marocains continue de s’éroder.
Dans ce sens, l’opposition dénonce également la gestion des nominations aux hautes fonctions, qu’elle juge marquée par des logiques de « favoritisme partisan ».
Le PJD estime par ailleurs que plusieurs engagements majeurs du programme gouvernemental n’ont pas été respectés, citant notamment une croissance économique inférieure à 4 %, loin des objectifs annoncés, ainsi que la création d’environ 94 000 emplois, très en deçà de l’objectif d’un million.
Le parti souligne également une baisse du taux d’activité des femmes, en contradiction avec les ambitions affichées, ainsi que l’absence de généralisation effective de la couverture santé.
Stress hydrique et reconstruction d’Al Haouz au centre des tensions
L’un des points de friction les plus importants reste la gestion du stress hydrique. Accusé par le gouvernement d’avoir accumulé des retards lors de ses deux mandats (2011-2021), le PJD rejette ces critiques et accuse la majorité actuelle de chercher des « boucs émissaires » pour masquer ses difficultés à répondre à l’urgence climatique.
Le parti de Abdelilah Benkirane évoque également des lenteurs dans le programme de reconstruction des zones touchées par le séisme d’Al Haouz, une situation qui continue de susciter des protestations dans certaines régions concernées.
Une montée de tension à l’approche des élections
À cinq mois des élections législatives, le PJD tente de reprendre l’initiative en se positionnant comme principal contrepoids à la majorité tripartite formée par le RNI, le PAM et l’Istiqlal.
En réponse, Aziz Akhannouch appelle l’opposition à davantage de « réalisme » et de « responsabilité », rappelant que certaines réformes structurelles, notamment dans la protection sociale, nécessitent du temps pour produire leurs effets.
Dans ce climat de tensions croissantes, la campagne électorale semble désormais bel et bien engagée.
D.Y







