
La 12e édition du 15km de Bouskoura s’est déroulée ce dimanche, réunissant 10.000 coureurs sur l’un des tracés les plus prisés de la région casablancaise. Parmi le peloton, une équipe du Crédit du Maroc a transformé l’épreuve en démonstration grandeur nature de ce qui fait une équipe performante : du leadership partagé et un esprit de corps qui ne s’arrête pas à la ligne d’arrivée.
Chaque année depuis 2014, le 15 km de Bouskoura réunit des milliers d’aficionados de course à pied et de grand air. L’édition 2026 n’a pas dérogé à la règle. Pas moins de 10.000 participants ont pris place sur la ligne de départ ce dimanche, pour autant de vainqueurs, car, d’après l’hymne de l’événement: «chaque kilomètre est une victoire».
Dès les premières heures de la matinée, la zone jouxtant la forêt de Bouskoura s’est ainsi transformée en une véritable place des fêtes, au rythme de la musique diffusée par les enceintes. Une ambiance musicale qui a donné le tempo dès les échauffements et accompagné chaque franchissement de la ligne d’arrivée. Pour ce jour de fête, la météo s’était montrée particulièrement clémente: à peine une vingtaine de degrés celsius au thermomètre, et une brise rafraîchissante pour aider les coureurs à avaler les kilomètres en douceur.
Un hymne au vivre-ensemble
La convivialité était également au rendez-vous. Beaucoup de compétiteurs étaient accompagnés de membres de leur famille venus les encourager en attendant, peut-être alors des éditions ultérieures, d’entrer dans le bain. Car la course à pied, ici, tient autant de l’épreuve sportive que de la fête populaire. Ce 15 km de Bouskoura l’a encore démontré.
L’épreuve attire d’ailleurs un nombre croissant d’entreprises, qui y engagent des équipes. Le phénomène n’a rien d’anecdotique : le sport collectif est devenu un levier de cohésion interne et un marqueur de marque employeur. Courir ensemble, c’est sortir du cadre des bureaux pour se retrouver côte à côte, à égalité devant l’effort. C’est précisément le pari qu’a fait le Crédit du Maroc en alignant une équipe sur le départ.
Sur le papier, des coureurs aux gabarits et aux rythmes différents. Sur le terrain, un seul collectif, soudé par un objectif commun et par cette conviction que l’on franchit mieux les obstacles ensemble que seul. Pour ces collaborateurs, l’enjeu n’était pas dans le chronomètre. Kamal Jamali, qui participait sous les couleurs de Crédit du Maroc, le résume sans détour: «l’objectif ce n’était pas de chercher un nouveau chrono. C’était surtout de courir ensemble et de franchir la ligne d’arrivée tous ensemble».
Sur les sentiers, le leadership ne s’est dès lors pas décrété : il s’est vécu. Les plus aguerris ont réglé l’allure, encouragé les seconds souffles, attendu dans les côtes ceux que l’effort éprouvait. Une forme d’autorité naturelle, faite d’exemple et de soutien plus que de consignes, exactement celle qui fait avancer une équipe au quotidien.
Cette logique du collectif, certains la cultivent course après course. Soukaina Taoussi, également engagée dans la team Crédit du Maroc, habituée du rendez-vous, en a fait un rituel partagé avec ses collègues: «Ce n’est pas la première fois que je participe à la course. J’ai l’habitude de courir avec mes collègues. Je suis toujours ravie d’être avec eux». La course à pied, sport réputé solitaire, se révèle ainsi profondément collective : chaque foulée portée par le regard et la voix des coéquipiers.
La ligne d’arrivée franchie, l’essentiel se lisait ailleurs que sur le chronomètre. Dans les accolades, les sourires fatigués et le sentiment partagé d’avoir accompli quelque chose ensemble — souvent sous les applaudissements des familles venues attendre l’arrivée. Une cohésion forgée sur les sentiers que les coureurs ramèneront, lundi venu, dans les couloirs de l’entreprise.
Grands moments d’humanité
Cette édition du 15 km de Bouskoura était aussi celui des belles histoires, à commencer par celle de Mohsine Karrakchou, entrepreneur à la retraite, arrivé avec ses proches dans un fauteuil roulant, mais qui a tenu à faire son bout de course sur ses jambes. poussé par une foule admirative, il a été dignement fêté par le héros qu’il est au moment où il a franchi la ligne d’arrivée. Autre coup de coeur, celui du jeune Nadir, amputé d’une jambe, qui a lui aussi couru sur ses béquilles. Autant de parcours qui rajoutent au côté humain de cette épreuve, qui bien que exigeante physiquement rappelle une vérité essentielle. Le dépassement de soi n’est pas que l’affaire des athlètes de haut niveau.








