Maroc : À l’approche de l’Aïd, le prix du charbon s’enflamme

Incontournable des célébrations de l’Aïd al-Adha au Maroc, le charbon de bois traditionnel, localement baptisé « fakhar », est aujourd’hui au cœur de toutes les discussions. Alors que les ménages s’apprêtent à célébrer la fête du sacrifice, une hausse spectaculaire des prix de ce combustible essentiel suscite une vive indignation chez les consommateurs.
Sur les marchés, le prix du kilogramme de « fakhar » flirte désormais avec les 18 dirhams. Pour de nombreux citoyens, cette augmentation représente une pression financière supplémentaire particulièrement difficile à absorber, dans un contexte national déjà marqué par l’inflation globale et l’érosion du pouvoir d’achat. Beaucoup y voient un coup dur pour le budget des familles à la veille d’une fête déjà très coûteuse.
Cette flambée des cours ne doit rien au hasard. Contacté par Le Site Info, un professionnel de la filière pointe du doigt les conditions météorologiques. Les récentes précipitations enregistrées à travers le Royaume ont lourdement perturbé le processus de fabrication à l’air libre.
Selon le professionnel cette année, l’humidité a ralenti le séchage et la carbonisation : il a fallu près d’un mois et demi de préparation minutieuse pour que le charbon « fakhar » soit enfin prêt à être commercialisé, limitant ainsi les stocks disponibles à l’approche du pic de demande.
Malgré ces tensions sur l’approvisionnement, la diversité reste de mise sur les étals. Le marché propose plusieurs variétés de charbon, chacune ayant ses spécificités :
- Le chêne (« krouch ») : très prisé pour sa combustion lente et sa chaleur constante.
- L’eucalyptus : apprécié pour sa rapidité d’allumage.
- Le citronnier et l’olivier : recherchés pour les arômes subtils qu’ils confèrent aux grillades traditionnelles.
Toutefois, face à la flambée générale, même ces alternatives peinent à calmer la colère des consommateurs, contraints de revoir leur budget à la hausse pour perpétuer les traditions de l’Aïd.
D.Y








