Lutte anticorruption : le Maroc progresse doucement mais les défis restent énormes

Le Maroc enregistre une légère progression dans le dernier Indice de perception de la corruption (IPC) publié par Transparency International. Selon un communiqué publié le 10 février sur ses réseaux sociaux, l’ONG met en garde contre une situation toujours préoccupante, marquée par une corruption jugée systémique et un recul des réformes.
Par ailleurs, le Royaume obtient un score de 39 points sur 100, se classant 91ᵉ sur 182 pays. Bien qu’il s’agisse d’une amélioration par rapport à l’année précédente (37 points et 99ᵉ place), le Maroc reste en dessous de la moyenne mondiale, estimée à 43 points.
Une stagnation inquiétante depuis plus d’une décennie
Dans ce communiqué, Transparency Maroc souligne que cette évolution ne traduit pas un progrès structurel, mais plutôt une stagnation durable. Comme l’indique l’ONG : « Depuis 2012, le Maroc stagne, oscillant entre la 73ᵉ et la 99ᵉ place, et entre la note 37 et la 43 sur 100. »
Elle rappelle également qu’après une relative amélioration en 2018, le pays a connu un recul significatif. À ce sujet, le communiqué précise : « Le déclin se confirme à la fois dans le résultat et dans le classement, soit une baisse de 4 points et de 18 places en sept ans. »
Des reculs dans la lutte anticorruption
Transparency Maroc dénonce par ailleurs des signaux politiques négatifs, notamment l’abandon de projets de loi importants. L’ONG souligne ainsi : « Après avoir retiré le projet de loi incriminant l’enrichissement illicite (…) la majorité gouvernementale s’est concentrée sur des dérives législatives. »
Elle pointe en particulier la loi 03.23 relative à la procédure pénale, estimant qu’elle limite le rôle de la société civile : « Les articles 3 et 7 empêchent la société civile de porter plainte pour corruption dans la gestion des fonds publics. »
Gel des réformes prévues par la Constitution de 2011
Le communiqué évoque également un ralentissement dans la mise en œuvre du cadre juridique anticorruption prévu par la Constitution. « Ces revers s’ajoutent au gel de la promulgation d’un corpus juridique anticorruption préconisé par la Constitution de 2011. », indique Transparency Maroc.
Une corruption systémique qui menace la stabilité
Dans une conclusion alarmante, l’ONG dresse un portrait préoccupant de la situation actuelle : « Ces indicateurs dressent le portrait d’un Maroc souffrant d’une corruption systémique et généralisée qui menace la stabilité sociale, économique et politique. »
Malgré ce constat inquiétant, cette publication peut également constituer un appel au sursaut. Cette légère amélioration enregistrée cette année montre qu’un changement reste possible, à condition de relancer les réformes, de renforcer l’indépendance des mécanismes de contrôle et de redonner toute sa place à la société civile dans la lutte contre la corruption.
Transparency Maroc rappelle ainsi que la transparence, la bonne gouvernance et la confiance des citoyens constituent des leviers essentiels pour construire un avenir institutionnel plus solide, au service de la stabilité et du développement du pays.
D.Y








