Maroc

Écoles françaises au Maroc : les parents s’opposent à la hausse de 7 % des frais de scolarité

À la suite du courrier adressé ce jour aux parents d’élèves des établissements en gestion directe de Rabat et Kénitra par le chef de pôle Rabat-Kénitra, François Cuilhé, annonçant une hausse de 7 % des frais de scolarité à compter de la prochaine rentrée, les associations de parents d’élèves (APE) souhaitent apporter des éclaircissements, présenter des éléments chiffrés et formuler des propositions alternatives.

Une mobilisation qui a déjà produit des résultats

La mobilisation coordonnée des parents de Rabat et de Kénitra a permis d’atténuer l’impact des mesures initialement envisagées en janvier 2026, à savoir une augmentation de 4 % accompagnée de l’instauration d’un droit annuel d’inscription de 4.000 dirhams. Cette combinaison aurait représenté une charge significative pour les familles. À ce stade, la suppression du droit annuel d’inscription et l’ajustement proposé limiteraient l’impact à environ 3.500 dirhams pour la prochaine rentrée.

La proposition d’augmentation de 7 % a été présentée aux APE lors d’une réunion tenue le 16 février 2026 avec la Direction générale de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), la direction du pôle et l’Ambassade de France au Maroc.

Si cette évolution témoigne de la prise en compte de la mobilisation des familles, la position des APE demeure inchangée : une hausse reste une hausse. Les associations défendent le principe d’une augmentation à 0 % pour la prochaine année scolaire.

Un fonds de réserve conséquent

Les APE rappellent qu’au niveau du pôle Rabat-Kénitra, un fonds de réserve avoisinant 10 millions d’euros a été constitué au fil des années grâce aux augmentations successives appliquées depuis plus de quinze ans. Selon elles, ce fonds représenterait près de cinq fois le besoin financier actuellement invoqué pour justifier la hausse annoncée.

Dans ce contexte, les associations estiment que les familles ne peuvent être soumises à des augmentations annuelles automatiques au motif que d’autres établissements dans le monde, y compris au Maroc, procèdent également à des hausses.

Le projet de reconstruction du collège Saint-Exupéry

Les APE réaffirment leur soutien au projet de reconstruction du collège Saint-Exupéry, qu’elles considèrent nécessaire pour améliorer les conditions d’accueil des élèves. Toutefois, elles s’interrogent sur le budget de 18,5 millions d’euros voté à Paris sans concertation préalable avec les représentants locaux.

Selon elles, ce montant représenterait près de trois fois le coût de projets comparables au Maroc. Elles avancent également que le gros œuvre serait estimé à environ 7.000 dirhams par mètre carré, alors que des références dans le secteur évoquent des coûts pouvant atteindre, au maximum, 2.000 dirhams par mètre carré.

Les associations y voient les limites d’un pilotage centralisé, mené depuis Paris sans prise en compte suffisante des réalités économiques locales, alors même que le financement repose principalement sur la contribution des familles.

Des propositions alternatives

Face à la hausse envisagée, les APE proposent une solution qu’elles jugent responsable et immédiatement applicable :

– financer les pensions civiles, estimées à environ 2 millions d’euros pour l’ensemble du pôle Rabat-Kénitra, à partir du fonds de réserve existant ;
– engager la reconstruction du collège Saint-Exupéry grâce au solde du fonds, en mettant en place une cellule locale composée d’experts indépendants afin d’assurer l’évaluation technique, le chiffrage et le suivi du projet.

Selon elles, cette approche permettrait d’éviter toute augmentation des frais de scolarité, de garantir un projet adapté aux besoins des élèves et d’assurer une maîtrise rigoureuse des coûts, dans un esprit de concertation avec les familles.

Un appel aux compétences des parents

Les APE lancent par ailleurs un appel aux parents disposant de compétences en architecture, en ingénierie, en contrôle technique, en construction ou en architecture paysagère afin de contribuer bénévolement à l’élaboration d’un projet optimisé et transparent.

Elles estiment que, dans la mesure où les familles financent intégralement le projet, elles doivent pouvoir participer à son évaluation et au chiffrage des investissements en toute indépendance.

Une interrogation centrale

Les associations posent enfin une question qu’elles jugent essentielle : pourquoi augmenter les frais de scolarité alors qu’un fonds de réserve de 10 millions d’euros existe et couvre largement les besoins avancés pour justifier la hausse ?

Les APE affirment rester mobilisées en faveur d’une école française en gestion directe à Rabat, accessible et équitable, administrée avec rigueur et transparence budgétaire, dans l’intérêt prioritaire des élèves et de leurs familles.



Walid Regragui présent au Mondial 2026 ? (CHEBKA)










Bouton retour en haut de la page