Maroc

Cigarettes électroniques et chicha : la fin de l’anarchie au Maroc ?

Dans une quinzaine de jours, soit le 21 février, entrera en vigueur la nouvelle réglementation des produits alternatifs. Ces normes ont été mises en place par l’IMANOR (Institut Marocain de Normalisation).

C’est dans ce contexte que Medias24 a organisé, ce 30 janvier 2026 à Rabat, une table ronde autour de la thématique : « Régulation des produits alternatifs : la norme à l’épreuve de la mise en œuvre », avec pour objectif d’échanger sur les différents défis liés à cette normalisation, les mécanismes de contrôle et de veille, ainsi que la sensibilisation des consommateurs.

Pour l’occasion, une cohorte d’experts représentant les différents acteurs concernés par les enjeux de cette nouvelle réglementation a pris part aux échanges.

En effet, jusqu’à présent, les produits alternatifs, comme la cigarette électronique, ne disposaient pas d’un cadre de réglementation légale. Afin de mettre en place un cadre pour ces produits qui ne cessent d’envahir le marché marocain, l’IMANOR (L’institution marocain de normalisation), en concertation avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, ainsi que la Fédération nationale des associations de consommateurs, a élaboré cinq normes : une relative aux sachets de nicotine, trois concernant les cigarettes électroniques et une portant sur le tabac à narguilé, souvent appelé « maassel » ou « chicha ». Rappelons que l’arrêté a été pris en août 2025.

Sensibilisation : « Le consommateur doit prendre ses responsabilités »

Le président de la Fédération des associations de consommateurs, M. Ouadi Madi, a entamé son intervention par la célèbre phrase : « Fumer tue », appelant ainsi les consommateurs à prendre leurs responsabilités, tout en veillant à bien comprendre les produits qu’ils consomment, notamment en lisant attentivement les étiquettes.
Au-delà de cet appel, il a réitéré son engagement à accompagner et à poursuivre la sensibilisation des consommateurs. « Nous allons accompagner et sensibiliser le consommateur marocain afin qu’il prenne des décisions éclairées sur sa consommation », a-t-il déclaré.
Selon lui, le véritable défi réside dans la lutte contre la contrebande afin de protéger les consommateurs. Il a ainsi affirmé : « Il faut des solutions pour sauver le consommateur de ces produits non conformes qui impactent sa santé. »

Une réglementation évolutive

« La norme ne nécessite pas un délai excessif pour sa mise à jour. La procédure repose sur un consensus entre l’ensemble des acteurs concernés », a expliqué d’emblée le directeur général de l’Institut Marocain de Normalisation (IMANOR), M. Abderrahim Taibi.
Selon ses explications, la norme n’est pas figée. Elle doit être révisée tous les cinq ans afin de s’adapter aux évolutions de la société et de rester alignée sur les standards internationaux.

Contrôles stricts et sanctions dissuasives

Dès l’entrée en vigueur de la norme, le ministère compte mettre en place un dispositif de contrôle pour accompagner la mesure. Le directeur de la Protection du consommateur, de la surveillance du marché et de la qualité au ministère, M. Rachid Serrakh, a apporté des précisions : « Le contrôle à l’importation repose sur des vérifications documentaires et physiques, ainsi que sur des contrôles en laboratoire. Pour le marché local, cela se fait à travers des prélèvements. »

Il a également précisé que le contrôle à l’importation repose sur une étroite collaboration avec les services des douanes. En ce qui concerne le marché local, une commission mixte, présidée par les walis, est chargée de cette mission. Pour étayer son propos, il a indiqué qu’en 2025, 365 000 visites de terrain ont été effectuées, conduisant à 20 500 procès-verbaux pour non-respect de la conformité aux normes.

En cas d’infraction, les contrevenants encourent de deux à trois ans de prison et des amendes allant de 50 000 à 1 000 000 de dirhams. Le respect des nouvelles normes, dès le 21 février, s’impose à tous les opérateurs, sous peine de destruction immédiate de leurs stocks non conformes. Les sanctions sont radicales et sans appel : à l’importation, les produits sont systématiquement refoulés ou détruits, avec une mise sous surveillance prolongée de l’importateur. Au niveau national, le dispositif de contrôle de la traçabilité est renforcé afin d’identifier toute défaillance.

Pour appuyer cette rigueur, M. Rachid Serrakh précise : « En 2025, nous avons reçu 200 demandes de contrôle d’analyse des risques ; les nouveaux produits seront soumis au même système de contrôle strict. »

Enfin, cette réglementation, appelée à évoluer tous les cinq ans, parviendra-t-elle à trouver l’équilibre entre protection de la santé publique, innovation et développement économique ? Autant de questions qui détermineront, dans les mois à venir, l’efficacité réelle de cette réforme attendue.



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