Sahara marocain: Omar Hilale évoque un tournant majeur après la résolution 2797 de l’ONU

La résolution 2797 du Conseil de sécurité a marqué une « inflexion majeure » dans le traitement du dossier du Sahara marocain par les Nations Unies, « passant de la logique de sa gestion à celle de son règlement », a souligné, mardi à New York, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale.
Cette re solution, qui a e te salue e par toutes les parties, constitue un « point de bascule irre versible par rapport a toutes les re solutions pre ce dentes du Conseil de se curite « , a soutenu Hilale, qui s’exprimait devant la 4e Commission de l’ONU, notant que cette résolution a “consacre l’Initiative marocaine d’autonomie comme la seule base pour le re glement de ce diffe rend re gional, la plac ant au cœur du processus politique de ne gociation”.
La résolution a également, et pour la premie re fois, “inscrit le statut d’autonomie dans le cadre de la souverainete marocaine”, a-t-il fait remarquer, ajoutant que le document onusien a réaffirme la responsabilite des quatre parties : le Maroc, l’Alge rie, la Mauritanie et le “polisario”, que le Conseil a appelées a s’engager, de bonne foi et sans conditions pre alables, dans la recherche d’une solution politique de finitive.
La résolution 2797 a, en outre, permis la tenue de discussions directes entre les quatre parties, lors de trois rencontres tenues a Washington et a Madrid, sous la copre sidence de l’Envoye personnel du Secre taire ge ne ral et du Repre sentant Permanent des Etats-Unis à l’ONU, et permis au Maroc de pre senter le statut d’autonomie de veloppe , de taillant les attributions et les pouvoirs et les compe tences des organes exe cutif, le gislatif et judiciaire.
Cette autonomie, a souligné Hilale, « concilie re alisme politique, gouvernance de mocratique et aspirations des populations ».
Notant que ce « momentum politique inédit exige que chaque partie assume sa responsabilité historique dans la mise en œuvre de cette résolution », Hilale a souligné que les résolutions du Conseil de Sécurité “se doivent d’être mises en œuvre ; les discussions se doivent d’être menées sans préconditions ; la bonne foi se doit d’être actée ; les engagements pris se doivent d’être honorés ; le cessez-le-feu se doit d’être rétabli et observé”.
Par ailleurs, l’ambassadeur Hilale a fait remarquer que par-delà de sa dimension politique, la résolution 2797 et la dynamique de négociation qu’elle a générée portent avant tout une promesse humaine, soulignant que “derrière chaque résolution, il y a des femmes, des hommes et des jeunes en attente dans les camps de Tindouf”.
“La seule gestion humanitaire de cette situation, deuxième crise de réfugiés la plus longue au monde, ne saurait perdurer un demi-siècle supplémentaire”, a déploré Hilale, soulignant que pour cette raison, le Maroc appelle à faire bénéficier les populations des camps de Tindouf des solutions durables prévues par le droit international, la doctrine et la pratique du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés.
Ces solutions durables, a-t-il détaillé, sont le rapatriement librement consenti – Sa Majesté le Roi Mohamed VI ayant déjà lancé un appel solennel à cet égard – la réinstallation dans un pays tiers ou l’intégration dans le pays d’accueil, selon le choix libre et volontaire de ces populations.
« Toute tergiversation ou conditionnalité sera illégale juridiquement, immoral politiquement et condamnable humanitairement », a-t-il martelé.
Par ailleurs, Hilale, rappelant les déformations historiques, les distorsions juridiques et le déni des réalités générées par la résolution 2797, tels qu’ils ont été véhiculés ces dernières semaines, a tenu à corriger certaines assertions, et à clarifier certains concepts.
S’agissant de la décolonisation du Sahara, le diplomate a rappelé que celle-ci “a été définitivement scellée depuis un demi-siècle, avec le retour du Sahara à sa mère patrie le Royaume du Maroc, grâce à la Glorieuse Marche Verte et à l’Accord de Madrid”, faisant observer que la résolution 2797 est venue conforter cette intégration en consacrant l’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Pour ce qui est du principe d’autodétermination, Hilale a noté que la doctrine des Nations Unies dans ce domaine ne se limite pas à la seule résolution 1514, notant que les “multiples failles et lacunes” de celle-ci ont obligé les États membres à la compléter par la résolution 1541, qui a codifié l’incompatibilité du principe d’autodétermination avec toute atteinte à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale des pays, et la résolution 2625, qui stipule que « l’acquisition de tout autre statut politique librement décidé par un peuple constitue pour ce peuple des moyens d’exercer son droit à l’autodétermination ».
Concernant la bonne foi, l’ambassadeur Hilale a souligné que celle-ci n’est pas un “slogan creux”, mais “un acte de sincérité, un engagement politique et une éthique diplomatique” qui se doit d’être “réciproque”, soulignant que la présentation à Washington, par le Maroc, de son statut d’autonomie amplement détaillé “est l’acte suprême de la bonne foi du Royaume”.
Revenant sur l’identification des parties au processus politique, Hilale a souligné que les quatre parties à ce différend ont été “dûment identifiées dans les résolutions successives du Conseil de Sécurité”. Lors des négociations tenues à Washington et à Madrid, ce sont bien évidemment “les 4 parties identifiées par le Conseil de Sécurité en l’occurrence le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le “polisario”, sans distinction ni différenciation aucune” qui y ont pris part, a-t-il relevé.
L’ambassadeur Hilale s’est également arrêté sur l’avis de la Cour internationale de Justice (CIJ), évoqué à plusieurs reprises lors de la 4e Commission. À cet égard, il a rappelé que l’avis de la CIJ a consacré deux vérités politico-historique : 1) le Maroc était dans son Sahara bien avant la colonisation espagnole; 2) l’existence de liens d’allégeance entre les sultans du Maroc et les tribus du Sahara.
Pour ce qui est de la soi-disant “dernière colonie d’Afrique”, Hilale a noté que l’usage de cette qualification en parlant du Sahara marocain discrédite ceux qui le prétendent, soulignant que “ce n’est pas la décolonisation du Sahara ni la dernière colonie d’Afrique qui ont été négociées à Washington et à Madrid, mais bien le statut d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine, pour régler définitivement ce différend régional”.
Évoquant le concept de représentativité, l’ambassadeur du Royaume a relevé que l’autoproclamation par le groupe armé “polisario” de représenter les populations des camps de Tindouf “n’est rien d’autre qu’une honteuse usurpation de leur droits politiques, et une flagrante captation de leur volonté démocratique”.
“Les véritables représentants du Sahara marocain sont ceux-là mêmes qui sont démocratiquement élus, comme ce fut le cas lors des élections législatives le 23 septembre dernier”, a-t-il dit, rappelant que depuis 1975, les élus de la région sont tous originaires du Sahara et de ses nobles tribus.
M. Hilale s’est également élevé contre les discours évoquant l’idée de référendum, qui, a-t-il martelé, “témoignent d’un déni insidieux des résolutions du Conseil de sécurité”. À ces “oublieux”, Hilale a rappelé que “le Conseil de sécurité a définitivement enterré toute idée de référendum depuis un quart de siècle”, tout comme la 4e Commission, dont les résolutions adoptées régulièrement depuis vingt ans ne font point référence au référendum.
L’optimisme né de la résolution 2797 et des négociations de Washington et Madrid “augurent d’un règlement définitif du différend régional sur le Sahara Marocain”, a souligné Hilale, remarquant que sa portée véritable “sera plus grande encore : il porte l’ambition d’une nouvelle ère régionale”.
C’est là, a relevé Hilale, l’ambition exprimée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans Son discours du 31 octobre dernier, dans lequel le Souverain réitère “notre engagement à continuer d’œuvrer à la relance de l’Union du Maghreb, sur la base du respect mutuel, de la coopération et de la complémentarité entre ses cinq Etats-membres”.
Il s’agit, a-t-il conclu, de l’ambition d’un sud Méditerranéen davantage tourné vers la coopération et les partenariats, d’un Sahel sécurisé, désenclavé, intégré et fort de ses échanges, d’un espace atlantico-africain plus connecté et ouvert sur le monde et d’une Afrique plus stable, unie et où les énergies sont consacrées au développement et à la prospérité partagée.





