
Le football africain s’apprête à vivre, dimanche soir, l’un de ses rendez-vous les plus prestigieux. Le Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat accueillera la finale de la 35è édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN-2025), opposant le Maroc au Sénégal, dans une affiche de très haut niveau entre deux références majeures du football continental.
Cette confrontation met aux prises deux sélections qui dominent la scène africaine depuis plusieurs années, tant par la régularité de leurs performances que par la qualité de leurs effectifs, toutes catégories confondues. Lions de l’Atlas et Lions de la Téranga se retrouvent ainsi pour une finale qui promet intensité, rigueur tactique et engagement total.
Le Sénégal a disputé l’intégralité de ses six rencontres du tournoi au Grand stade de Tanger, où il a affiché une remarquable constance technique et physique. Soutenus par une forte mobilisation de leurs supporters, dans des conditions d’organisation et de préparation répondant aux standards internationaux, les champions d’Afrique 2021 devront toutefois changer de décor pour défier le Maroc dans son fief de Rabat, porté par un public attendu en masse.
Sur le plan statistique, l’affiche est équilibrée. Le Sénégal présente la deuxième meilleure attaque de la compétition avec 12 buts inscrits (derrière le Nigeria, 14) et la deuxième défense la plus solide avec seulement deux buts concédés. Le Maroc, de son côté, s’appuie sur la défense la plus hermétique du tournoi, avec un seul but encaissé, et une attaque efficace ayant inscrit neuf réalisations.
La bataille du milieu, enjeu central de la finale
Tout au long de la CAN, le Sénégal est resté fidèle à son identité de jeu, articulée autour d’un schéma en 4-3-3, d’un bloc défensif haut et d’un pressing constant sur le porteur du ballon. Cette approche vise à confisquer le milieu de terrain, empêcher les transitions rapides adverses et imposer un engagement physique soutenu.
Les Lions de la Téranga aborderont cependant cette finale amoindris par l’absence de leur capitaine et patron de la défense, Kalidou Koulibaly, ainsi que de leur sentinelle Habib Diarra, tous deux suspendus. Une situation que le sélectionneur Pape Thiaw a tenu à relativiser, affirmant disposer d’un groupe élargi, compétitif et prêt à répondre aux exigences d’un rendez-vous majeur.
La domination du milieu permet au Sénégal de se projeter rapidement vers l’avant, notamment par les couloirs. À gauche, l’expérience et la vivacité de Sadio Mané font la différence, à droite, Iliman Ndiaye apporte percussion et justesse. En pointe, Nicolas Jackson se distingue par ses appels verticaux et la puissance de ses frappes, soutenu par un milieu capable de se transformer instantanément en premier rideau défensif à la perte du ballon.
Face à cette organisation, le milieu marocain sera appelé à jouer un rôle déterminant. Auteur de prestations solides et engagées en quarts et en demi-finales, il devra imposer son rythme et sa maîtrise. La clé du match passera ainsi par Neil El Aynaoui, Bilal El Khannouss et Ismael Saibari, appuyés par les latéraux Achraf Hakimi et Noussair Mazraoui, ainsi que par les offensifs Brahim Diaz et Abdessamad Ezzalzouli, selon les choix tactiques du sélectionneur Walid Regragui pour fermer les espaces, presser haut et assurer un repli défensif rapide.
Les chiffres confirment la proximité des philosophies de jeu. Le Sénégal est la sélection ayant réalisé le plus grand nombre de passes dans le tournoi (3.084, avec 87 % de réussite), tandis que le Maroc se classe troisième avec 2.937 passes réussies (86 %). Deux équipes qui privilégient la possession, la maîtrise de l’entrejeu et la récupération rapide du ballon.
Sadio Mané, l’expérience au service de l’équilibre sénégalais
À 33 ans, Sadio Mané s’apprête à disputer la troisième finale de CAN de sa carrière, en cinq participations. Battu en 2019, sacré en 2021, l’attaquant sénégalais pourrait vivre son dernier grand rendez-vous continental, selon ses déclarations énigmatiques après la demi-finale remportée face à l’Égypte.
Au-delà de son apport offensif, Mané incarne l’équilibre du collectif sénégalais, alliant intensité, discipline et efficacité. Les statistiques de la CAF illustrent cette domination offensive : le Sénégal totalise 94 tirs, dont 47 cadrés, pour une précision de 61,8 %. Le Maroc suit avec 87 tentatives, dont 32 cadrées (48,5 %).
Sur le plan individuel, Mané a tenté 12 frappes, inscrit deux buts et délivré trois passes décisives. Un danger permanent qui impose à la défense marocaine, notamment sur le flanc droit avec Achraf Hakimi, une vigilance constante pour contenir ses accélérations et ses infiltrations.
La tâche ne s’annonce toutefois pas facile pour l’attaque sénégalaise face au bloc défensif marocain, l’un des plus solides du tournoi. En six matches, Yassine Bounou a conservé sa cage à cinq reprises, ne concédant qu’un seul but sur penalty, grâce à la solidité de la charnière Nayef Aguerd-Adam Masina, à la vitesse des latéraux Hakimi et Mazraoui, et au précieux travail de récupération du milieu.
Mais le Sénégal ne se résume pas à un seul homme. Les 12 buts inscrits lors de cette CAN ont été l’œuvre de huit joueurs évoluant à différents postes, issus de phases arrêtées, de contres rapides, de centres ou de combinaisons dans l’axe, témoignant de la richesse et de la diversité de son animation offensive.
Dans un stade acquis à leur cause et devant plus de 60.000 spectateurs, les Lions de l’Atlas, portés par la prestation héroïque livrée en demi-finale face au Nigeria, auront à cœur de répondre présent. À Rabat, le rêve d’un nouveau sacre continental passe par la capacité à contenir, maîtriser et dompter les redoutables Lions de la Téranga.
Le coup d’envoi de la finale sera donné à 20 heures. Elle sera transmise sur Arryadia TNT, Sport TV 3, M6 et beIN Sports Mena Max 1
S.L






