Bensaid : « Nous n’allons pas dire que tout va bien », le PAM assume ses erreurs

Mehdi Bensaid, membre de la direction collective du Parti authenticité et modernité (PAM), affirme que son parti ne cherche pas à fuir ses responsabilités politiques et n’éprouve aucune gêne à reconnaître les difficultés rencontrées lors de sa première expérience gouvernementale.
L’objectif, insiste-t-il, est avant tout de corriger les dysfonctionnements et de rétablir la confiance avec les citoyens à travers l’action de terrain et une véritable politique de proximité.
Il s’exprimait lors d’une rencontre de communication organisée par le parti dans la commune rurale d’Ouled Amrane, dans la province de Sidi Bennour. Bensaid y a évoqué les principaux défis économiques et sociaux auxquels fait face le monde rural, ainsi que les difficultés liées au pouvoir d’achat des Marocains.
Bensaid a souligné que le monde rural constitue un moteur essentiel du développement de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire. La province de Sidi Bennour joue, selon lui, un rôle central dans ce domaine, mais reste confrontée à d’importants besoins en matière d’infrastructures, notamment routières, ainsi qu’à la nécessité d’une politique agricole plus efficace.
Le responsable du PAM a reconnu que les politiques publiques actuelles ne bénéficient pas suffisamment au petit agriculteur, qui subit directement les conséquences de la hausse des prix des légumes et des viandes. Il a estimé que la préservation du pouvoir d’achat des citoyens demeure le principal défi auquel le gouvernement doit faire face.
Une évaluation sans détour de l’expérience gouvernementale
Dans une lecture critique et directe de l’action gouvernementale, Bensaid a déclaré : « Nous n’allons pas dire que tout va bien. Nous avons essayé de faire au mieux, mais il y a eu des problèmes et des défis qui ont eu des répercussions sur la vie des citoyens. Il n’y avait pas de mauvaise intention dans la gestion, mais il y a eu des insuffisances sur certains dossiers et nous n’avons aucun problème à le reconnaître avec courage politique. »
Concernant le dossier du soutien à l’élevage, Bensaid a expliqué que la décision d’accorder cette aide répondait à une volonté de protéger le pouvoir d’achat. Il a toutefois reconnu que la mise en œuvre de l’opération avait connu « des échecs et des dépassements ».
« Nous n’avons aucun problème à reconnaître ces dysfonctionnements et à revenir sur ce qui n’a pas fonctionné pour mettre en place des solutions meilleures et plus efficaces », a-t-il ajouté.
Le responsable du PAM a également assuré que le parti avait continué, tout au long de son expérience gouvernementale, à défendre un certain nombre de propositions et d’idées qui seront intégrées à son programme électoral.
Restaurer la confiance et renouveler les élites
Évoquant les prochaines échéances, Bensaid a affirmé que le parti, après avoir passé dix années dans l’opposition, fait aujourd’hui du renforcement de la confiance avec les citoyens l’une de ses principales priorités.
Cette démarche s’inscrit, selon lui, dans la référence du PAM à la démocratie sociale, avec l’ambition de promouvoir un développement équilibré permettant à toutes les catégories sociales et à tous les territoires d’avancer au même rythme.
Bensaid a enfin évoqué les critères qui guideront le choix des futurs candidats et représentants du parti. Le PAM, a-t-il souligné, refuse une pratique consistant à couper le contact avec les citoyens une fois les élections passées.
« Nous ne voulons pas d’un parlementaire qui éteint son téléphone et ne réapparaît que tous les cinq ans. Le choix de nos candidats repose sur la politique de proximité, leur capacité à écouter les citoyens et à porter fidèlement leur voix et leurs préoccupations au Parlement et au gouvernement », a-t-il conclu.
S.L.





