Qui est Mohamed Chouki, le nouveau président du RNI ?

Réuni en congrès extraordinaire ce samedi 7 février à El Jadida, le RNI a élu Mohamed Chouki comme nouveau président, succédant ainsi à Aziz Akhannouch.
Candidat unique, Chouki a obtenu 1 910 voix valides sur un total de 1 933 suffrages exprimés, tandis que 23 bulletins ont été annulés. Il devient le cinquième président du parti depuis sa création en 1977.
Après cette élection à la tête du premier parti au gouvernement, il est légitime de s’interroger sur les potentialités du nouveau dirigeant, qui succède à un président ayant profondément marqué le parti. À ce sujet, Abdellah Tourabi, journaliste pour le magazine TelQuel, écrivait : « Aziz Akhannouch a métamorphosé le RNI grâce à ses moyens financiers incommensurables et à ses réseaux tentaculaires, faisant du parti une puissante machine électorale. » Cette citation donne la mesure de la mission qui attend Mohammed Chouki.
Un leadership parlementaire reconnu
Si son nom reste relativement discret dans l’opinion publique, Mohamed Chouki n’est pas un inconnu des cercles politiques. Il s’est imposé ces dernières années comme une figure centrale du Parlement.
En avril 2023, il a été élu président du groupe parlementaire du RNI. Il devient ensuite président de la Commission des finances et du développement économique, un poste stratégique pour le contrôle de la politique budgétaire du pays.
Un ancrage territorial fort
Dès son entrée au RNI, il occupe le poste de coordinateur provincial dans la région Fès-Meknès en 2018, avant de rejoindre le Bureau politique. Cela lui a permis de consolider une assise électorale solide dans la province de Boulemane, dont il est député depuis 2021. Sa connaissance des enjeux locaux et ruraux pourrait constituer un atout majeur pour mobiliser les bases du parti en vue des élections de septembre 2026.
Un profil en phase avec l’ADN du RNI
Avant son ascension politique, Mohamed Chouki a bâti une carrière de plus de 26 ans dans la finance et les affaires. À l’image de son prédécesseur, il présente également un parcours dans le monde des affaires : il est PDG d’AD Capital, un groupe spécialisé dans la gestion d’actifs et l’immobilier, qu’il a racheté et développé.
Cette double casquette, homme politique et homme d’affaires, s’inscrit parfaitement dans l’ADN du parti et constitue l’une de ses forces.
Vers une nouvelle étape pour le parti
Le nouveau président du RNI présente un profil de technocrate aguerri, maîtrisant à la fois les rouages législatifs et disposant d’un réseau d’affaires étendu. Il apparaît comme l’héritier désigné pour maintenir la stabilité du parti après l’ère Akhannouch.
Cependant, plusieurs questions demeurent : le RNI conservera-t-il la même puissance électorale ? Mohamed Chouki continuera-t-il à être le véritable moteur du parti en coulisses ?
Les élections de septembre 2026 constitueront un premier test décisif pour ce nouveau leadership.



